Biocarburants : Carburez à l'huile végétale brute !
Contrairement à ce que prétendent les défenseurs de la filiale Diester ( éconologiquement négatif : on dépense plus d'énergie, sous forme pétrole généralement, pour le "fabriquer" que l'énergie qu'il contient ), les moteurs diesel ( moyennant quelques petites modifications ) sont capables de brûler de l'huile végétale brute ( de première pression )

"L'automobile qui roule à l'huile, elle est vieille comme le monde de Rudolf DIESEL, l'inventeur, qui a conçu et vérifié le bon fonctionnement de son moteur à l'huile végétale, en 1892, il y a 110 ans.

110 années de forages, de guerres, d'argent, de sang, de kilomètres parcourus, de cancers, de gaz d'échappement, de marées noires, de litres aspirés des profondeurs de la terre, creusant des trous énormes dans la mémoire de ceux qui avaient perdu cette idée. Et pourtant, elles tournent… Que ce soit du tournesol, du colza, de l'arachide, de la palme, du coprah, du purghère, du lin…L'huile végétale brûle dans les moteurs Diesel, c'est un bio carburant...."

Voici le début de l'introduction du rapport sur l'Huile Végétale Brute comme carburant que nous venons de mettre en ligne et intitulée : "Rouler à l'huile de Tournesol : Pourquoi et comment mettre des fleurs dans son moteur ? "

Nous remercions fortement les auteurs de ce rapport ( essentiellement l'entreprise Valenergol et Alain Juste) pour leur travail.

2) Quelques rappels à propos des Biocarburants :

Biocarburants : les chiffres.

Consommation de produits pétroliers par usage final, en France, de 1973 à 2000, en millions de tonnes. On note la très importante décroissance, depuis le choc pétrolier, de la consommation industrielle en valeur absolue, et la croissance des transports.
"Non énergétique" correspond aux usages comme matière première dans l'industrie. Source : Observatoire de l'énergie, 2002.

Jean-Marc Jancovici, polytechnicien, a écrit récemment :

"Bonjour,
Peut-être que cette information pourrait être utilement complétée par le calcul d'ordre de grandeur que j'avais fait sur le potentiel des biocarburants, qui "douchera" peut-être l'optimisme de certains, mais l'honnêteté ne consiste-t-elle pas à informer de la manière la plus objective possible ? En effet, il n'y a malheureusement pas grand chose à attendre des biocarburants (ethanol compris), et a fortiori du l'hydrogène dérivé des biocarburants... Les calculs sont sur cette page. Amicalement"

Notre analyse : Il en ressort que si les biocarburants ne pourront pas( dans l'état actuel des choses ) substituer entierement notre consommation de pétrole. Est une raison pour ne rien faire dans ce sens ? Selon l'Ademe, à l'origine des chiffres de ce rapport, il semblerait que oui !

Nous pensons qu'une utilisation plus rationnelle des ressources ( augmentation du rendement de moteurs via une injection d'eau par exemple ) alliée à des techniques nouvelles de production agricoles ( semi sous couvert ) et une production organisée ( semi-industrielle ) pouraient trés bien changer la donne !

3) Quelques conseils pour rouler à l'huile :
Utilisation de l'huile végétale dans les moteurs diesel
Huiles compatibles :
Toutes les huiles 1ère pression à froid, huiles végétales industrielles et huiles de friture usagées à condition d'être filtrées à 5 microns. (avec un filtre à café, par exemple)

Proportion d'huile végétale pouvant être mélangée au gasoil, sans risque pour le moteur :
Moteurs diesel à injection indirecte (ceux qui ont besoin d'un préchauffage):
- jusqu'à 30% d'huile sans modification du moteur.
- jusqu'à 50% d'huile avec une pompe à injection en ligne, type BOSCH. Les pompes rotatives (Luca, Cav, Roto, Delphi) sont moins résistantes. jusqu'à 100% d'huile en augmentant le tarage des injecteurs à 180 bar, en ajoutant une résistance électrique en sortie de réservoir ( pour fluidifier l'huile quand elle est trop froide ), et une pompe de prégavage en amont de la pompe à injection pour la "soulager".

Moteurs diesel à injection directe, ancienne et nouvelle génération (Common rail et HDI) :
- jusqu'à 30% d'huile sans modification du moteur.
- jusqu'à 100% d'huile avec un système de bicarburation : on ajoute un second réservoir, de petite capacité, qui permet de démarrer au gasoil. Quand le moteur est chaud, on permute sur le réservoir d'huile. Avant d'arrêter le moteur, on repasse sur le réservoir de gasoil pour "rincer" les injecteurs, ce qui facilitera le démarrage une fois le moteur refroidi. S'il fait très froid, une résistance électrique peut s'avérer nécessaire pour le réservoir d'huile.

Remarque :
Les seuls problèmes que posent l'huile végétale sont dus à sa viscosité plus grande que celle du gasoil. Quand l'huile est chauffée, sa viscosité diminue. Il suffit donc de chauffer suffisamment l'huile pour qu'elle se comporte comme le gasoil. C'est pourquoi un système comme celui de Biodrive.ch - bicarburation avec chauffage de l'huile - peut être installé sur tous les types de moteurs diesel, sans aucune modification du moteur lui-même. Des entreprises allemandes (Elsbett) proposent également des kits d'adaptation pour la bicarburation.

Le système est « réversible » : il est toujours possible de rouler à 100% de gasoil avec chacune des modifications énoncées ci-dessus !

La demande mondiale d'énergie augmentera de 60% d'ici 2030
Dans son rapport sur les "Perspectives énergétiques mondiales 2004" rendu public le 26/10, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) brosse le tableau du secteur de l'énergie dans le monde pour les 30 prochaines années.

La demande mondiale d'énergie devrait s'accroître de près de 60% d'ici 2030 "Le monde n'est pas encore à court de pétrole", estime l'organisation, pour qui de manière générale les ressources sont "plus que suffisantes" pour faire face à la demande future.
Mais l'envol des prix du pétrole et du gaz, l'instabilité croissante de l'acheminement de l'offre et l'augmentation des émissions de dioxyde de carbone, sont le signe "d'un considérable malaise dans le monde de l'énergie", ajoute Claude Mandil, le directeur exécutif de l'AIE, organisation qui regroupe les pays industrialisés consommateurs de pétrole. L'AIE considère le prix du pétrole comme une "source considérable d'incertitude". Le scénario d'un prix élevé, c'est-à-dire un baril à 35 dollars en moyenne, aboutirait à une diminution de la demande de 15% à l'horizon 2030, ce qui correspond à la consommation actuelle des Etats-Unis.
Notons que le prix actuel du baril de pétrole à New-York est de 56.6 $ environ...

Entre maintenant et 2030, les combustibles fossiles, au premier rang desquels le pétrole avec 121 Mbj (millions de baril/jour), représenteront 85% de l'augmentation de la demande mondiale, selon l'AIE. Deux tiers de l'accroissement proviendra de la demande des pays émergents, comme la Chine et l'Inde.

La consommation de gaz naturel devrait doubler d'ici 2030, tandis que la part du charbon et de l'énergie nucléaire devrait fléchir.

Un scénario alternatif possible ? La demande mondiale pourrait-être inférieure de 10% en cas "d'action vigoureuse des pouvoirs publics" en faveur de la protection de l'environnement et de la sécurité énergétique.
Dans ce cas, la dépendance des pays consommateurs à l'égard du Moyen-Orient serait réduite.
Ainsi, la demande de pétrole diminuerait d'un volume égal à la production actuelle de l'Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis et du Nigeria. De même, les émissions de dioxyde seraient inférieures de 16% au scénario de base, soit ce qu'émettent actuellement les Etats-Unis et le Canada.
Pour autant, il nous paraît bien difficile de croire à un tel scénario vu l'inertie de nos sociétés.

auteur : www.notre-planete.info

Préserver les forêts brumeuses
Les forêts brumeuses du monde, habitats rares et uniques qui abritent des milliers d’espèces rares menacées d’extinction et qui assurent l’approvisionnement régulier en eau de fermes, de communautés rurales et de nombreuses villes en expansion, sont sous la menace de facteurs aussi variés que l’agriculture, la construction routière et les changements climatiques.

De nouvelles données, tirées de la première étude exhaustive de ces mondes rares, romantiques et fragiles indiquent que les forêts brumeuses s’étendent sur une superficie d’un peu moins de 400 000 kilomètres carrés, l’équivalent de 2,5 pour cent de l’aire des forêts tropicales humides.

L’étude révèle un fait particulièrement surprenant : contrairement aux estimations précédentes, la concentration la plus importante de ces forêts humides est en Asie et non en Amérique latine.
En effet, le rapport intitulé Cloud Forest Agenda qui sera lancé lors d’une réunion de la Convention sur la diversité biologique à Kuala Lumpur (Malaisie), affirme que 60 pour cent des forêts brumeuses sont situés en Asie, 25 pour cent en Amérique latine et 15 pour cent en Afrique.

Ces conclusions soulignent le besoin pressant de mesures renforcées en matière de surveillance et de protection en Asie, afin que ces précieux habitats puissent exister au-delà du XXIème siècle. La remise en état de forêts endommagées ou dégradées est un exemple de mesures à adopter. L’Indonésie et la Papouasie Nouvelle Guinée qui abritent de vastes étendues de forêts brumeuses, sont parmi les pays visés en priorité.

Le rapport est catégorique : protéger et restaurer les forêts brumeuses n’est pas une question d’esthétique ou de sensibilités écologiques, mais plutôt une question d’une importance économique majeure pour des millions de personnes dans le monde en développement.

Les Forêts en tant que réserves d’eau
La capacité qu’ont les forêts brumeuses à capter et à emmagasiner l’humidité des nuages et de la brume est essentielle pour assurer l’alimentation régulière et abondante en eau salubre de plusieurs régions, surtout durant les saisons sèches. Les forêts brumeuses du Parc National de La Tigra en Honduras contribuent près de 40 pour cent des besoins en eau des 850 000 habitants de la capitale, Tegucigalpa.

Les villes de Quito (Ecuador), de Mexico City et de Dar Es Salam sont également très tributaires des forêts brumeuses pour leur alimentation en eau. Pendant la saison sèche, la capitale tanzanienne dépend entièrement des forêts brumeuses des Montagnes Uluguru pour répondre à ses besoins aussi bien domestiques que hydroélectriques en eau.

Les forêts du Mont Kenya assurent le ruissellement des rivières vers les plaines semi-arides tout le long de la saison sèche. Les sources de la Rivière Tana approvisionnent plus de 5 millions de personnes en eau pendant cette saison. De plus, d’autres centres urbains, l’importante industrie d’exportation de fleurs ainsi que les centres touristiques et les réserves naturelles au Kenya, sont tous tributaires du réseau de rivières dans la région du Mont Kenya.

L’étude, résultat de la collaboration entre le Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE-WCMC), l’Union pour la nature (IUCN) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation la science et la culture (UNESCO), est le premier grand rapport de l’Initiative en faveur des forêts brumeuses des montagnes.

Klaus Toepfer, le Directeur exécutif du PNUE, a déclaré : « Ce nouveau rapport, souligne à quel point certaines régions relativement petites mais spéciales sont d’une importance disproportionnée alors que nous nous engageons à atteindre ces objectifs et à respecter ces calendriers. Leur perte progressive ne rendra la tâche qu’encore plus difficile. J’espère que ce rapport mènera non seulement à une prise de conscience mondiale, mais aussi à forger de nouveaux partenariats et à créer de nouvelles initiatives visant à les protéger et à les restaurer. Il existe déjà de bonnes initiatives dans certains pays. Ce rapport précise la nécessité d’encore plus d’efforts dans ce domaine, particulièrement en Afrique et dans certaines régions de l’Asie, qui, comme nous le savons maintenant, abritent des réserves importantes de ces habitats fragiles de montagnes. »

Les conclusions du rapport seront également présenté aux ministres et experts de l’environnement qui se réuniront en fin mars à Jeju (Corée du Sud) à l’occasion de la Huitième Session extraordinaire du Conseil d’administration du PNUE et Cinquième Forum ministériel mondial sur l’environnement, où programme duquel l’eau figurera de manière importante.

Selon Achim Steiner, Directeur général de l’Union pour la nature (IUCN) : « Nous agissons comme si nous conduisions une voiture dans le brouillard. Nous avons l’impression que ces forêts sont des contrées lointaines (la grande majorité de la population n’en a jamais visitées) et donc sans importance et sous aucune menace. Mais en réalité, leur impact sur nos vies est plus grand que nous le réalisons. Nous devons nous mettre à l’action maintenant pour préserver ce qui reste de ces forêts, avant qu’elles ne disparaissent et qu’il ne soit trop tard. Bien que la majorité de la population n’accède pas directement à ses forêts, elles occupent une position essentielle dans le bon fonctionnement de nos économies et dans le maintien de nos écosystèmes. Souvent, ce sont les communautés les plus démunies, dont celles de peuples indigènes, qui dépendent des ressources de ces forêts. Les détruire revient à anéantir leur moyen de subsistance le plus fondamental. »

Mark Collins, le Directeur du PNUE-WCMC, précise : « Le rapport recueille, pour la première fois, des cartes de la répartition des forêts brumeuses et présente une vue d’ensemble des risques auxquelles elles sont confrontées ainsi qu’un programme d’actions prioritaires. Une des conclusions clé de l’étude est que les forêts brumeuses sont encore plus rares que nous le pensions, la superficie réelle étant de 20 pour cent inférieure aux prévisions précédentes de 500 000 km2. »

La menace la plus importante : les changements climatiques.

Un des auteurs du rapport, Philip Bubb du PNUE-WCMC, a passé de nombreuses années au Mexique. Il décrit les forêts brumeuses en ces termes : «Les forêts brumeuses sont d’une beauté et d’une luxuriance époustouflantes. Des orchidées, des fougères et des mousses couvrent toutes les surfaces. Chaque branche d’arbre est un jardin en elle-même. L’atmosphère y est humide et fraîche, une étrange brume flottant au dessus de la forêt tout le long de la journée et le chant des oiseaux portant très loin. Quand le soleil perce à travers la voûte de feuillage, la lumière fait ressortir les couleurs vives du feuillage et des fleurs. »

« Une des caractéristiques de ces forêts est qu’elles sont capables de récolter l’humidité de l’air en servant de la condensation des nuages, ce qui les rend particulièrement sensibles aux changements climatiques. Si les températures augmentent d’un degré dans les plaines, cela revient à une augmentation de deux degrés dans les montagnes, ce qui pourrait entraîner la dissipation des nuages et donc à la disparition de la forêt. Le phénomène El Nino de 1987 qui, selon certains chercheurs, était plus intense à cause du réchauffement de la planète, a provoqué plusieurs semaines de climat sec dans la forêt brumeuse du Monteverde au Costa Rica. En conséquence, 25 des 50 espèces de grenouilles et de crapauds ont disparu et seulement 5 ont réapparu depuis, a-t-il ajouté. »

La diversité biologique

Les conditions exceptionnelles dont bénéficient les forêts brumeuses en font un terrain de reproduction propice pour de nombreuses espèces que l’on ne trouve nul part ailleurs. Parmi ces espèces figurent l’ours à lunette en voie de disparition, les gorilles de montagnes de l’Afrique et le quetzal resplendissant, l’oiseau qui est le symbole national du Guatemala.

La concentration très importante d’espèces uniques endémiques caractéristique des forêts brumeuses est mise en évidence dans celles des Andes. Au Pérou, plus de 30 pour cent des 272 espèces de mammifères, d’oiseaux et de grenouilles endémiques habitent les forêts brumeuses.

Même des forêts brumeuses à superficie limitée peuvent abriter une variété extraordinaire de formes de vie. Par exemple, la chaîne de montagnes de Centinella en Équateur occidental enferme environ 90 espèces de plantes endémiques sur une superficie de 20 kilomètres carrés seulement.

On découvre souvent de nouvelles espèces dans les forêts brumeuses. En 1990, le Jocotoco Antpitta, un oiseau, fut aperçu pour la première fois dans les 5 000 hectares de forêts brumeuses de l’Équateur. Un autre oiseau, de la famille du barbu, fut repéré près des sources du Rio Cushabatay au Pérou.

En Asie, aussi récemment qu’en 1996, un nouveau genre de vache et deux nouvelles espèces de cerf furent découverts dans les forêts brumeuses de l’Annamite du Vietnam et de Laos.

Améliorer les rendements agricoles.

Les forêts brumeuses sont les habitats naturels de variétés sauvages de cultures importantes. Leur patrimoine héréditaire pourrait être utiliser pour perfectionner les cultures et donc augmenter les récoltes.

Des études récentes ont signalé l’existence dans les forêts brumeuses de variétés sauvages de papayes, de tomates, de fruits de la passion, d’avocats, de haricots, de mûres, de concombres, de pommes de terre et de poivrons.

Menaces supplémentaires

Le rapport identifie près de douze menaces principales aux forêts brumeuses. Parmi elles : le défrichement de la forêt pour exploitation agricole et la fragmentation des habitats. En effet la destruction de son habitat est le problème majeur qui affecte l’ours à lunette des Andes. La déforestation a eu un impact sur ses voies de migration et a créé des conflits entre les fermiers et les ours qui se nourrissent de leurs récoltes. Il nous faut créer des corridors de migration à l’intention des espèces sauvages afin que l’homme et l’ours puissent co-exister.

En Afrique, 10 des 15 pays interrogés ont déclaré que le braconnage et la chasse d’animaux tels que les grands singes sont des menaces importantes. Les incendies ont également été cités comme problème majeur pour les pays d’Afrique.

Sept des dix pays asiatiques interrogés, dont l’Indonésie, la Malaisie et les Philippines, ont soulevé la question de l’exploitation forestière. Sept pays africains et quatre du continent asiatique ont par ailleurs signalé la collecte de bois de feu et la production de charbon comme menaces potentielles.

La construction routière en tant que menace a été notée dans six pays d’Amérique latine. Des études entreprises à Puerto Rico indiquent que les sols des forêts brumeuses pourraient exiger jusqu’à 300 ans pour se rétablir des effets de cette activité. Le développement de route et de complexes touristiques, terrains de golfes compris, menace les forêts de l’Asie du sud-est, des régions montagneuses de Genting et Cameron en Malaisie et du Mont Kinabalu à Sabah.

La destruction des forêts brumeuses pour la culture illégale soit de l’opium ou de feuilles de coca est un problème qui touche la Colombie, la Bolivie, le Pérou et le Venezuela. L’introduction d’espèces étrangères peut également constituer une menace. Les forêts brumeuses de la Jamaïque sont sous la menace d’un arbre d’origine australienne. A Hawaii, des plantes et des oiseaux ont disparu suite à l’introduction de cochons sauvages.

Les Opportunités

Certains pays mettent en œuvre des projets innovateurs pour sauvegarder les forêts brumeuses.

Au Costa Rica par exemple, la loi forestière de 1996 prévoit de rémunérer les propriétaires de foncier boisé qui protégent ou restaurent les forêts. Les compagnies hydroélectriques avancent annuellement aux propriétaires fonciers 40 dollars US par hectare de forêts préservés en reconnaissance du rôle qu’ils jouent pour maintenir l’approvisionnement en eau. Le tourisme des forêts brumeuses peut également être une source importante de revenus pour les communautés locales, qui les encourageraient à sauvegarder ces habitats. Le rapport cite à titre d’exemple des projets en Afrique, tels que les excursions organisées dans les forêts brumeuses de la République démocratique du Congo pour découvrir les gorilles de montagnes, et d’autres initiatives en Asie et Amérique latine.

Source : Programme des Nations Unies pour l'environnement.

Les Etats-unis imposent les OGM aux Irakiens
Une décision en faveur des multinationales de l’agro-alimentaire
Les Etats-uniens ont bien du mal à assurer la sécurité en Irak, mais avant de transférer la souveraineté aux irakiens en juin dernier, ils ont pris le temps de légiférer sur la Protection de la Variété des Plantes (PVP). L’ordre 81, signé par l’administrateur de l’Autorité provisoire Paul Bremer et qui a force de loi, remplace la loi irakienne sur les brevets de 1970. Alors que les droits de propriété privée sur les ressources biologiques étaient interdits, la nouvelle législation introduit un droit de propriété intellectuelle pour le créateur d’une nouvelle semence. Il aura le monopole de production, reproduction, vente, exportation, importation et stockage, pendant 20 ans pour les plantes agricoles, 25 ans pour les plantes et les vignes. Pour conserver et planter des semences, les paysans devront désormais s’acquitter de droits à leurs propriétaires.

Pour bénéficier de cette protection, une variété de plante doit satisfaire aux critères définis par l’UPOV (Union internationale pour la protection de nouvelles variétés de plantes, une organisation intergouvernementale composée de 53 membres) : la variété doit être nouvelle, distincte, homogène et stable. Des critères que ne remplissent pas les graines développées par les paysans, contrairement à celles des multinationales.

L’ordre 81 fait les affaires des entreprises qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto, Syngenta, Bayer et Dow Chemicals. Il est également une porte ouverte à l’importation et l’utilisation d’OGM en Irak.
Une décision lourde de conséquence qui n’a pas été votée par une instance souveraine représentative du peuple irakien.

Les dates de vendange : un indicateur du climat du passé
Dans le prolongement de l’« Histoire humaine et comparée du climat* » établie par Emmanuel Le Roy Ladurie, professeur honoraire au Collège de France, des chercheurs du CNRS, du CEA et de l’INRA ont reconstitué le climat de la Bourgogne depuis 1370 à partir des dates de vendange du pinot noir, cépage roi de la région. Ils complètent ainsi les données sur l’évolution récente du climat. Leurs travaux sont publiés dans la revue Nature du 18 novembre.

De nombreux efforts de reconstitution de la température ont été faits pour replacer le réchauffement du 20eme siècle dans une perspective millénaire, car les mesures instrumentales sont rares avant 1850 et inexistantes avant la deuxième moitié du 17eme siècle. Les chercheurs ont utilisé les dates de vendange des vignobles de Bourgogne pour retracer les anomalies de températures depuis 1370. Les dates de vendange ont en effet été enregistrées de façon manuscrite et fournissent ainsi une information climatique non altérée avec une chronologie absolue. L’information climatique a été extraite grâce à un modèle de développement de la vigne, en fonction de la température, ajusté pour le cépage Pinot Noir. Trois étapes clés du développement de la vigne y sont prises en compte : les dates de floraison, de véraison (quand les grains de raisin passent de vert à blanc ou rouge) et de maturation.

Les reconstitutions des scientifiques montrent que la Bourgogne a connu entre 1370 et 1850 (période communément appelée Petit Age Glaciaire) plusieurs périodes aussi chaudes que les années 1990. En revanche, l’année 2003 apparaît de loin comme l’année la plus chaude qu’ait connue la Bourgogne, avec une anomalie de + 5,86 °C, soit 43% plus élevée que l’anomalie de la dernière année la plus chaude enregistrée en 1523 (+ 4,10 °C).

Les dates de vendange offrent ainsi le potentiel de reconstituer finement les variations de température des derniers siècles dans de nombreuses régions d’Europe et du Moyen Orient. Elles compléteraient ainsi de façon importante les bases de données climatiques existantes et permettraient d’obtenir des informations sur les variations régionales du climat au cours du dernier millénaire.

Références
Grape ripening as past a climate indicator, I. Chuine1, P. YiouTsup, N. Viovy2, B. Seguin3, V. Daux2 and E. Le Roy Ladurie4
Nature, 18 novembre 2004.
1 Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE) (Université Montpellier 2-CNRS)
2 Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE) (CEA-CNRS))
3 Unité AGROCLIM Avignon, Institut national de la recherche agronomique (INRA)
4 Collège de France

* Histoire humaine et comparée du climat, Emmanuel Le Roy Ladurie, Fayard, 2004 également auteur de Histoire du climat depuis l'an mil, Flammarion, 1967, 2e éd. 1983.

auteur : Institut National de la Recherche Agronomique

Plus de 15 600 espèces menacées sur la Liste rouge 2004
Du puissant requin à l'humble grenouille, force est de constater que la diversité biologique de la planète s'appauvrit à un rythme sans précédent. Il incombera aux mille et quelque organisations membres de l'UICN participant au 3 ème Congrès mondial de la nature de l’UICN , qui débute aujourd'hui à Bangkok, de rechercher des moyens pour mettre un terme à cette crise grandissante de l'extinction.

L'état de la diversité biologique mondiale s'aggrave nettement et les 4000 à 5000 participants, représentant notamment le secteur privé et des organisations gouvernementales et non gouvernementales, chercheront des moyens de renverser cette tendance. Ils attireront notamment l’attention de la communauté internationale sur le fait que la disparition des espèces a des implications cruciales pour le bien-être de l’homme et que la préservation de la diversité biologique est indispensable pour gérer les risques que cela peut engendrer pour le développement durable.

Il y a de bonnes nouvelles. Les mesures de conservation ont déjà donné des résultats positifs et un quart des espèces d'oiseaux menacés de la planète en ont bénéficié. Mais il faut les multiplier et mieux les cibler grâce aux informations toujours plus précises dont nous pouvons disposer. Il faut donc davantage de ressources, les utiliser de façon plus efficace, et créer de nouvelles coalitions à travers tous les secteurs de la société.

Voici quelques uns des principaux messages que l'on peut retirer de l’ouvrage intitulé A Global Species Assessment, basé sur la version 2004 de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées et publié conjointement avec celle-ci. Il s'agit de la plus importante évaluation jamais entreprise de l'état de la diversité biologique mondiale. Cette évaluation est le fruit du travail du Consortium de la Liste rouge, composé de l'UICN et de sa Commission de la sauvegarde des espèces, de Conservation International et de son Center for Applied Biodiversity Science, de BirdLife International et de NatureServe.

Ce document met en évidence les tendances en matière de diversité biologique sur les quatre dernières années depuis la dernière analyse d'envergure, réalisée en 2000, et comprend, pour la première fois, une évaluation complète des amphibiens, des cycadées (un ancien groupe de végétaux) et des conifères, ainsi que des études de cas régionales. Elle met également en évidence les espèces dont le risque d'extinction est majeur, en précisant leur aire de répartition et les menaces auxquelles elles sont confrontées .

"Les gouvernements commencent à apprécier la valeur de la diversité biologique et son rôle essentiel pour le bien-être des populations. Les espèces fournissent des aliments, des médicaments, des combustibles et des matériaux de construction; elles contribuent à filtrer l'eau, à décomposer les déchets, à produire les sols et à féconder les plantes cultivées. Cette réalité est de plus en plus admise mais les gouvernements doivent mobiliser beaucoup plus de ressources. Le secteur privé a également un rôle central à jouer en veillant à rechercher et en promouvant une utilisation durable des ressources naturelles vivantes de la planète," a déclaré M. David Brackett, Président de la Commission de la sauvegarde des espèces de l'UICN.

Le Congrès de l'UICN, le plus important forum environnemental démocratique au monde, joue un rôle essentiel puisqu'il permet d'apporter au processus décisionnaire en matière de développement les connaissances relatives à la diversité biologique. Il établira les priorités de conservation pour les quatre prochaines années.

En 1996 il avait été indiqué qu'une espèce d'oiseaux sur huit (12%) et une espèce de mammifères sur quatre (23%) étaient menacées d'extinction (entrant dans les catégories En danger critique d'extinction, En danger ou Vulnérable). A cette sinistre énumération s’ajoute maintenant une espèce d'amphibiens sur trois (32%) et près de la moitié (42%) des espèces de tortues, qu'elles soient terrestres ou aquatiques.

Les amphibiens dépendant de l'eau douce, leur déclin catastrophique doit être interprété comme un signal d'alarme pour ce qui est de l'état des ressources en eau de la planète. On connaît moins l'état des habitats d'eau douce que celui des habitats terrestres mais les données disponibles montrent qu'il est tout aussi dégradé. Plus de la moitié (53%) des poissons d'eau douce endémiques de Madagascar sont menacés d'extinction.

Les profondeurs océaniques n'offrent qu'un refuge limité aux nombreuses espèces marines proches de l'extinction du fait d'une surexploitation. Parmi les espèces de requins et de raies qui ont fait l'objet d'une évaluation, près d'une sur cinq (18%) est menacée.

De nombreuses espèces végétales ont également été évaluées, mais seuls les conifères et les cycadées l'ont été de façon exhaustive, avec 25% et 52% d'espèces menacées respectivement.

Pour la première fois, l'évaluation comprend l'Indice liste rouge, un nouvel outil permettant de mesurer les tendances en matière de risque d'extinction. Il met en effet en évidence, pour un groupe particulier, l'évolution globale de la menace dans le temps (risque d'extinction projeté) . Cet indice deviendra un outil majeur pour mesurer les modifications de la diversité biologique. Un indice liste rouge est actuellement disponible pour les oiseaux et les amphibiens et montre que leur état s'est constamment dégradé depuis les années 1980.

«On sait déjà que 15.589 espèces sont menacées d'extinction mais il s'agit là d'une sous-estimation importante de leur nombre véritable car seule une petite partie des espèces connues ont fait l'objet d'une évaluation. Beaucoup reste à faire pour mieux connaître des habitats particulièrement riches en espèces, tels que les forêts tropicales ou les écosystèmes d'eau douce ou marine, ainsi que certains groupes revêtant une importance majeure pour la diversité biologique, comme les invertébrés, les végétaux et les champignons » a déclaré Craig Hilton-Taylor, Chargé de Programme pour la Liste rouge.

Que ce soit directement ou indirectement, le déclin des espèces est essentiellement dû à l'homme. La destruction et la dégradation des habitats constituent les principales menaces mais il faut y ajouter la surexploitation aux fins de production alimentaire ou pour le commerce des animaux de compagnie ou des produits médicamenteux, l'introduction d'espèces, la pollution et les maladies. Le changement climatique est également de plus en plus incriminé.

"Il est évident que les menaces pesant sur nos espèces sont sérieuses et s'aggravent. Nous pouvons continuer à évaluer et à déplorer la perte de la biodiversité mondiale ou nous pouvons agir ! Nous devons redéfinir et repenser la manière dont la société doit réagir à cette menace mondiale" estime Achim Steiner, le Directeur général de l'UICN.

"L’Homme est responsable de la plupart des menaces qui pèsent sur la biodiversité et l’Homme seul pourra permettre d'éviter que de nombreuses espèces ne s'éteignent. Il y a de nombreux exemples d'espèces sauvées alors qu'elles étaient au bord de l'extinction comme le rhinocéros blanc du Sud et le putois à pieds noirs et, tout autour de la planète, des milliers de personnes totalement dévouées font de leur mieux pour renverser la tendance actuelle. Mais cela ne peut pas continuer à être la responsabilité de la communauté environnementale uniquement. Les gouvernements et les entreprises doivent également s’investir" a-t-il ajouté.

Depuis la publication de la Liste rouge 2003, 15.633 entrées ont été ajoutées et 3.579 espèces ont fait l'objet d'une nouvelle évaluation. La Liste des espèces menacées compte maintenant 7.266 espèces animales et 8.323 espèces de végétaux et de lichens. Au total, 784 espèces animales et végétales sont aujourd'hui considérées comme éteintes et 60 espèces supplémentaires ne survivent qu'en captivité ou en culture.

Depuis 2003, la Liste a connu quelques changements significatifs, notamment quelques sérieuses aggravations, comme pour l'olivier de St Hélène (passant d'Eteint à l'état sauvage à Eteint), la corneille d'Hawaï (de En danger critique d'extinction à Eteint à l'état sauvage), le puffin des Baléares (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), un grand lézard de l’île d’Hispaniola, Celestus warreni (de Quasi menacé à En danger critique d'extinction), et un bégonia africain, Begonia oxyanthera (de Quasi menacé à Vulnérable).

Mais il y a également eu des cas d'amélioration, comme pour la loutre d'Europe (de Vulnérable à Quasi menacé) et le pigeon impérial de l’île Christmas (de En danger critique d’extinction à Vulnérable).

L’analyse de 2004 montre que les espèces menacées sont souvent concentrées dans les zones à forte densité démographique, et notamment dans une grande partie de l'Asie et dans certaines zones d'Afrique. L'un des principaux défis de la conservation consistera donc à concilier la pression exercée sur l’environnement par de grandes populations humaines et la protection de la diversité biologique dont tant de gens dépendent.

L'analyse souligne également l'importance du soutien international en matière de sauvegarde de la diversité biologique. De nombreux pays présentant une forte concentration d'espèces menacées ont un faible revenu national brut (RNB) par personne et sont incapables de mettre en œuvre les mesures de conservation requises sans aide internationale.

Principaux résultats figurant dans l’ouvrage 2004 IUCN Red List of Threatened Species™ - A Global Species Assessment

- Le nombre d'espèces menacées progresse dans presque tous les grands groupes taxonomiques.
- L'environnement marin n'est pas aussi bien connu que l'environnement terrestre mais les premiers résultats montrent que les espèces marines sont tout aussi vulnérables que les espèces terrestres.
- On connaît également mal les habitats d'eau douce mais de récentes études ont montré que de nombreuses espèces aquatiques sont menacées d'extinction.
- La plupart des oiseaux, mammifères et amphibiens menacés peuplent des zones tropicales – Amérique centrale et du Sud, Afrique subsaharienne et Asie du Sud et du Sud-Est. C'est dans ces régions que l'on trouve les forêts de feuillus tropicales dont on estime qu'elles abritent la majorité des espèces terrestres et d'eau douce de la planète.
- L'Australie, le Brésil, la Chine, l'Indonésie et le Mexique abritent des nombres particulièrement élevés d'espèces menacées.
- Le Brésil, le Cameroun, la Chine, la Colombie, l'Equateur, l'Inde, l'Indonésie, Madagascar, le Pérou et les Philippines sont des pays abritant beaucoup d'espèces menacées et ayant un RNB relativement faible.
- La liste des extinctions documentées depuis l'an 1500 augmente, passant de 766 en 2000 à 784.
- Bien que les estimations en la matière soient très variables, les taux d'extinction actuels sont entre 100 et 1 000 fois supérieurs aux taux pouvant être qualifiés de "naturels".
- Au cours des 20 dernières années, on a pu documenter 27 extinctions ou extinctions à l'état sauvage, mais il s'agit probablement d'une sous-estimation du véritable nombre de cas.
- Si la vaste majorité des extinctions depuis l'an 1500 ont eu lieu sur des îles océaniques, les extinctions continentales sont devenues tout aussi courantes que les extinctions insulaires au cours des 20 dernières années.
- Les hommes ont été les principaux responsables des extinctions et ce sont eux qui continuent à faire peser les principales menaces sur les espèces en danger d'extinction.
- La perte d'habitat, l'introduction d'espèces et la surexploitation constituent les principales menaces, le changement climatique dû à l'homme posant des problèmes de plus en plus graves.

Notes
Les gouvernements se sont engagés à lutter contre l’appauvrissement de la diversité biologique lors du Sommet mondial sur le développement durable de 2002 en se fixant l'objectif de parvenir à une réduction significative du taux de perte de diversité biologique d'ici 2010, faisant ainsi écho à un objectif similaire adopté un peu plus tôt la même année par les Parties à la Convention sur la diversité biologique. Entre-temps, l'Union européenne a adopté l'objectif plus ambitieux de mettre un terme à l’érosion de la diversité biologique d'ici 2010.

L'établissement de ces objectifs a attiré l'attention sur les besoins en informations pour lutter contre la perte de diversité biologique. Quel est l'état général de la diversité biologique, à quel rythme s'appauvrit-elle, où constate-t-on les pertes et quelles en sont les causes? Ces informations sont nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre des stratégies de conservation efficaces et la Liste rouge UICN des espèces menacées en est une des principales sources. C'est un outil majeur pour évaluer les progrès accomplis en matière de réalisation des objectifs et les dernières informations disponibles montrent que nous sommes encore loin du but.

En savoir plus:
Un dossier d’information détaillé incluant le profil de certaines espèces, des études de cas, des photos et des graphiques est disponible sur
le site Internet de l’UICN (en anglais)
La Liste rouge est disponible sous forme de base de données interrogeable en ligne (en anglais)

Travaux sur les accidents climatiques brutaux et localisés
Au début des années 1990, il était communément admis que le moteur des variations passées du climat était la modulation de l’énergie solaire reçue par notre planète, due aux changements de l’orbite que la Terre décrit autour du soleil (théorie de Milankovitch). La découverte de changements climatiques abrupts au cours de la dernière période glaciaire, en particulier dans le secteur Atlantique nord/Europe, a montré la capacité du système climatique à générer brutalement et spontanément des instabilités de grande amplitude dont l’impact est durable.

Depuis 1993, les chercheurs du groupe “ Climat ” du Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) ont très largement contribué à mettre en évidence ces variations rapides de la température de l’air en Europe de l’Ouest comme au Groenland, associées à des changements de circulation océanique dans l’Atlantique nord. L’approche pluridisciplinaire engagée au LSCE a permis de dater ces accidents brutaux et de monter qu’ils peuvent se développer en des temps comparables à ceux d’une vie humaine. L’analyse d’archives océaniques, glaciaires et continentales, a été indispensable pour montrer leur extension géographique. Enfin, les mécanismes responsables de ces accidents ont été établis à l’aide de modèles de la dynamique du climat. Ils font intervenir la sensibilité de la circulation océanique dans l’Atlantique nord à un apport accru d’eau douce, provenant en période glaciaire de la fonte des calottes. En raison de l’ampleur des travaux expérimentaux et des campagnes de terrain, ces recherches ont été menées dans le cadre de larges collaborations nationales, européennes et internationales.

Les variations climatiques rapides pendant les périodes glaciaires
Les variations climatiques rapides pendant les périodes glaciaires L’analyse isotopique des glaces collectées par le forage GRIP, effectué au sommet du Groenland, a montré que la dernière période glaciaire avait été ponctuée par une succession de réchauffements brutaux (se développant en environ soixante-dix ans) et persistant pendant quelques siècles. Ils étaient suivis d’une phase de refroidissement progressif s’étalant sur plusieurs millénaires et culminant par un coup de froid brutal.

En parallèle, les études effectuées sur les sédiments marins ont mis en évidence l’existence de lits de cailloux qui recouvraient l’ensemble de l’océan Atlantique au nord de 45°N et avaient été relâchés par la fonte d’armadas d’icebergs en provenance des calottes glaciaires qui recouvraient le Canada et la Scandinavie. C’est l’analyse isotopique des rares coquilles fossiles de foraminifères, présents au milieu des cailloux, qui a permis de prouver la présence d’eau de fonte de ces calottes, et de quantifier le réchauffement des eaux de surface océaniques lorsque ces débâcles s'achevaient.

En couplant ces différents indices, il devenait possible de proposer un mécanisme responsable de ces changements climatiques rapides en faisant appel à la vulnérabilité de la circulation océanique dans l’Atlantique nord : la fonte de grandes quantités d’icebergs s’accompagnait d’une injection d’eau douce légère dans les eaux superficielles. Ce changement de densité des eaux de surface inhibait la formation d’eaux profondes, entraînant un ralentissement, voire un arrêt de la circulation océanique et une forte diminution du transfert de chaleur de l’hémisphère Sud vers l’hémisphère Nord. Les ralentissements de la grande boucle de transport de chaleur par l’océan ont été confirmés à travers l’analyse des propriétés magnétiques des sédiments atlantiques.

Les conséquences de ces changements de circulation océanique ont été perceptibles bien au-delà du secteur Atlantique Nord/Groenland. Chaque coup de froid brutal au Groenland est associé à une réorganisation profonde du cycle hydrologique aux moyennes latitudes de tout l’hémisphère nord, de variations de la couverture végétale sur les continents et d’un réchauffement en Antarctique et dans l’océan Austral.

Des variations climatiques rapides aussi pendant les périodes chaudes
Le dernier coup de froid enregistré dans les glaces du Groenland et en Europe s’est produit non pas en période glaciaire, mais il y a 8 200 ans au coeur de la période chaude actuelle. Il résulte d'un apport massif d’eau douce dans l’Atlantique nord depuis la Baie d’Hudson : cet évènement montre que, même en période interglaciaire, un apport massif d’eau douce peut entraîner un refroidissement significatif (typiquement 5°C pendant 40 à 200 ans).

De même, en remontant à la précédente période interglaciaire, l’analyse des sédiments marins et des glaces du forage de NorthGRIP a permis de montrer que la fin d’une période interglaciaire prend place de manière brutale. Après une première phase de refroidissement lent de quelques millénaires, des fluctuations soudaines de température sont observées dans les mers nordiques et au Groenland, comme le prévoient les modèles de climat. Elles s’accompagnent d’un bouleversement de la circulation thermohaline.

Les reconstructions paléoclimatiques permettent ainsi de situer le contexte dans lequel, même en période relativement chaude, des changements brutaux et rapides peuvent modifier profondément les conditions climatiques en Europe et dans l’Atlantique nord.

Les variations climatiques récentes
Des évènements climatiques extrêmes ont été observés récemment en Europe. Sont-ils liés au réchauffement planétaire ou bien font-ils partie de la variabilité naturelle du climat ? Pour répondre à cette question, il est essentiel de placer de tels évènements dans un contexte temporel plus large, et de retracer l’histoire des variations climatiques sur plusieurs siècles, car ces épisodes extrêmes sont par essence rares et donc difficiles à observer à l’échelle d’une vie humaine, bien que leurs conséquences soient considérables sur la société.

L’équipe du LSCE a collecté des informations climatiques des derniers siècles en Europe de l’ouest (relevés météorologiques anciens et chroniques historiques) et les a confronté à des mesures expérimentales dendrochronologiques, lacustres ou océaniques. Ceci a permis de retracer l’évolution de la circulation atmosphérique, des régimes de précipitations et de sécheresses, et de la circulation océanique depuis l’entrée dans le « Petit Âge de Glace » (vers le début du XVe siècle). La circulation atmosphérique était alors vraisemblablement plus continentale qu’à l’actuel, ce qui a induit d’importants changements dans le régime des précipitations et des sécheresses.

L’utilisation de simulations numériques du climat a permis de lier la distribution spatiale des extrêmes à des modifications de circulations atmosphérique et océanique, et donc d’identifier les zones les plus sensibles à des changements climatiques.

Les implications pour le futur
L’étude des climats passés a conduit à cette découverte inattendue de l’existence de bouleversements rapides au sein du système climatique. L’océan y joue un rôle majeur en raison de la grande sensibilité de sa circulation aux apports d’eau douce : toute perturbation, conduisant à le stratifier, ralentit le transfert de chaleur par les eaux de surface de l’océan Atlantique.

Des expériences numériques effectuées à l’aide de modèles climatiques simplifiés suggèrent que le réchauffement qui pourrait résulter des émissions de gaz à effet de serre serait susceptible de stratifier les eaux de l’Atlantique Nord en raison de l’augmentation de température et des pluies sur les hautes latitudes, d’un accroissement du débit des fleuves arctiques suite à la fonte du pergélisol, ou de la fonte de la calotte groenlandaise. Ces hypothèses ne sont pas irréalistes puisque des observations récentes témoignent d’un accroissement de la fonte estivale au Groenland et de changements de caractéristiques hydrologiques et de circulation dans l’océan Atlantique nord. Une perturbation profonde de l’Atlantique nord pourrait entraîner un bouleversement du climat sur l’Europe, sans équivalent dans l’histoire géologique récente puisqu’il résulterait d’une diminution du transport de chaleur par l’océan dans un contexte de climat chaud. C’est actuellement un sujet de recherche, important pour l'agriculture et les ressources en eau. Il ne peut faire encore l’objet de conclusions définitives. Le LSCE participe activement à l'effort international en cours.

Des travaux récompensés
Monsieur Jean-Claude Duplessy et le groupe "climat" du LSCE a reçu le 25 octobre 2004 le prix de la Fondation Louis D. / Institut de France doté de 750 000 euros. Cette récompense aidera le LSCE à acquérir plusieurs instruments de pointe pour poursuivre ses travaux dans le domaine de la paléoclimatologie, notamment des spectromètres de masse alliant haute sensibilité et très grande précision, afin d’assurer les mesures de composition isotopique sur les glaces antarctiques (programme international EPICA) et les sédiments marins (programme international IMAGES), ainsi qu’un magnétomètre à basses températures qui fournira une lecture précise de la minéralogie magnétique des nanoparticules des sédiments marins et lacustres. Le LSCE disposera ainsi des équipements indispensables pour reconstituer et comprendre les téléconnections climatiques existant entre les zones polaires documentées par les archives glaciaires et les plus basses latitudes où les fluctuations du climat sont enregistrées dans les sédiments marins et continentaux. Ce prix contribuera également à soutenir l’effort de modélisation des changements climatiques, aussi bien pour les climats du passé que pour ceux du futur pour lesquels l’homme devient un acteur déterminant.

Handicap International: antenne de la Vallée du Lot
Les interventions de l'année 2004 de l'antenne de la vallée du Lot de Handicap International:
à Blanquefort sur Briolance le 2 mai 2004, fête des fleurs:

à montaigu du Quercy le 19 septembre 2004:
au 16° salon de l'écologie à Villeneuve sur Lot les 2 et 3 octobre 2004:

Relais essentiel de Handicap International, le réseau des antennes permet de faire connaître en France les actions de l’association sur le terrain. Il représente, par l’engagement et le dynamisme des personnes bénévoles qui le composent, un réseau précieux qui véhicule l’éthique, les engagements et les messages de l’association.
La mission d’une antenne est de représenter l’association auprès des collectivités, des associations locales et du grand public, de participer au développement de la notoriété et des ressources financières de l’association.

Les actions menées sont diverses et variées :
- informer et sensibiliser dans les écoles, les forums… par la tenue d’un stand, la prise de parole, la projection de films vidéo….
- Organiser des manifestations (culturelles, sportives….)
- Relayer des opérations menées par le siège de l’association.
- Vendre des produits artisanaux, issus du commerce équitable.

Agir dans une Antenne, c’est être associé à une dynamique de projets, c’est être acteur et contribuer au développement de nos actions sur le terrain.
L’Antenne de la Vallée du Lot : à l’origine, deux personnes de St Front sont devenus correspondants locaux de HANDICAP INTERNATIONAL, il y a 3ans. Et c’est à Blanquefort sur Briolance, à la ravissante fête des Fleurs (des fleurs, OUI, des mines NON) qu’ils ont tenu leur 1° stand d’information, l’année suivante, une présentation de mines antipersonnelles y était ajoutée, et ces 2 dernières années, (toujours fidèle à la fête des fleurs), un stand de vente de produits artisanaux.
De correspondants locaux, nous sommes très vite passés à la formation d’une Antenne, que nous avons appelée : Vallée du Lot, afin qu’elle soit plus repérable géographiquement, et d’intervenir dans un secteur allant de Cahors à Villeneuve sur lot.
Depuis, nombreux sont les marchés effectués, dans notre région : Villefranche, Libos, Fumel, Luzech, Castelfranc, Montaigu du Quercy, avec toujours un accueil chaleureux. Des interventions dans la presse et à Radio 4, afin de faire connaître l’Association et notre Antenne. Et surtout 2 CONCERTS : Le 1° à LIBOS le 19 avril 2003, à la Pergola, avec 3 groupes de musiciens folks venus bénévolement : Octét, Irish-folk, Mandala. Le 2° à Fumel, le 09 avril 2004 au Centre Culturel, avec 2 groupes de ska rock, bénévoles : La Raya du Lot et Nosy-Be de Fumel. Pour ce faire, l’antenne a réuni une vingtaine de bénévoles, tous issus du canton de Fumel.
L’Antenne s’est associée avec celle de Bordeaux et de Brive, à l’occasion de la pyramide des chaussures, grande manifestation nationale de HANDICAP INTERNATIONAL, et au forum des associations humanitaires d’Agen. Les 2 et 3 octobre, l’antenne était présente au 16° salon de l’écologie de Villeneuve sur Lot. Nos projets futurs : les marchés de Noël. Celui de Fumel sera le samedi 11 décembre de 14h à 22h. Pour l’année qui vient, nous pensons organiser un loto, un autre concert, mais souhaitons, vivement être inviter dans d’autres villes : Monflanquin, Tournon, Villeneuve, ceci pour être « tournant » sur la région. Nous sommes représentants de la Vallée du Lot. Et pourquoi pas une PYRAMIDE DES CHAUSSURES à Villeneuve ?
Nous en appelons à des bénévoles des villes environnantes, nous recherchons un Co-responsable pour notre Antenne, afin d’être plus efficace.

Si vous êtes candidats, n’hésitez pas à nous contacter :
Jean-Luc DELAHAYE Sarmes – 47500-St Front/Lémance. Tél. 05 53 41 69 31. E.Mail :zjldz@aol.com

L'Arctique se réchauffe et fond rapidement
Une importante étude, la plus détaillée sur le sujet, menée par plus de 300 chercheurs regroupés dans l'Arctic Climate Impact Assessment (ACIA) à la demande du Conseil arctique, présente plusieurs scénarios qui indiquent que la hausse des températures pourrait entraîner la disparition de la glace arctique.
Les pays ayant participé à l'étude sont tous riverains de la région: Etats-Unis, Canada, Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède.
En cause, le rythme actuel des émissions de GES (Gaz à effet de serre) qui réchauffent les basses couches de l'atmosphère.

L'Arctique fond...
En effet, cette étude internationale, publiée le 08/11, révèle que la banquise arctique s'est réduite d'environ 8% au cours des 30 dernières années (de 988.000km2, soit près de deux fois la France). "Cela se produit beaucoup plus vite qu'on ne le pensait il y a seulement cinq ans et a des implications mondiales avec l'ouverture de la banquise arctique", souligne Robert Corell un responsable de l'étude. Ensuite, des centaines d'années pourraient être nécessaires à l'inversion de la tendance avec des dommages dorénavant inévitables. Mais l'impact sur le long terme pourrait être "réduit de manière significative" en diminuant sérieusement les émissions de gaz à effet de serre au cours du siècle.

Hausse des températures
Ainsi, depuis 50 ans, la température moyenne annuelle en Alaska et en Sibérie a augmenté de deux degrés pour s'établir à -14,7C, tandis que les hivers en Alaska et dans le nord-ouest canadien se sont adoucis en moyenne de 2,8 degrés pour atteindre -13,8C.
L'étude prévoit que dans les cent prochaines années, les températures moyennes annuelles augmenteront de 3,8 à 7,2 degrés sur Terre et de 7,2 à 10 degrés dans l'océan, l'eau absorbant davantage la chaleur. Les forêts s'étendraient sur la toundra arctique, qui à son tour gagnerait des déserts glacés mais celle-ci verrait globalement sa surface se réduire fortement.

Montée des eaux
Les régions arctiques connaissent "certains des changements climatiques le plus rapides et sévères sur Terre" et la fonte des glaces dans cette zone a contribué à augmenter le niveau de la mer dans le monde de 7,6 centimètres ces vingt dernières années, souligne l'étude. "Les changements dans l'Arctique fournissent une indication précoce de l'importance environnementale et sociétale du réchauffement de la planète."
Ce rapport, indique que les conséquences de cette fonte de la glace arctique (glaciers et permafrost) pourrait entraîner une hausse d'un mètre du niveau des océans, affectant plus d'une centaine de millions de personnes vivant dans des deltas, sur des îles et sur les littoraux.
La fonte de la glace du Groenland, qui devrait elle prendre plusieurs centaines d'années, entraînerait une montée des eaux de près de 7 mètres !

Disparition d'espèces
La disparition de la glace dans l'Arctique est aussi susceptible de provoquer la disparition de certaines espèces de poissons et de mammifères comme l'ours polaire.
< Les conséquences pourraient également être significatives pour les phoques, les caribous, les troupeaux de rennes et pour des peuples comme les Esquimaux, dont l'alimentation est basée sur ces animaux. Certaines espèces menacées d'oiseaux migrateurs devraient également perdre plus de la moitié de leur zone de reproduction.
"L'ours polaire pourrait complètement disparaître d'ici à la fin du siècle. Il a peu de chances de survivre lorsque la glace estivale est réduite à sa portion congrue", a précisé le WWF. L'ours blanc se nourrit en effet essentiellement de petits phoques lovés dans des cavités de la banquise qu'il brise en bondissant dessus.

Nouvelles opportunités commerciales
Malgré l'ampleur de la catastrophe attendue, un tel phénomène est aussi considéré comme l'ouverture possible d'un "passage nord" pour le trafic maritime entre les océans Pacifique et Atlantique. Et on entrevoit également de nouvelles opportunités d'exploitation de ressources halieutiques et minières qui ne seront plus cachées par les glaces... De bonnes nouvelles qui nous paraîssent quelque peu déplacées.

auteur : notre-planete.info