Halte au labourage !
De nouvelles pratiques culturales voient le jour en France, et notamment la technique de "semis direct sans labour", qui compte de plus en plus d'adeptes.
Citons le cas de cet agriculteur Tourangeau, qui exploite hectares en polyculture.
Depuis qu'il a renoncé à labourer ses terres pour pratiquer le semis direct, sa facture pétrolière a été divisée par 5. Là où il brûlait de 50 à 60 litres de fioul par hectare et par an, il se contente aujourd'hui de 10 litres de carburant, car il a divisé par 2 la puissance totale de ses tracteurs.

Quant aux rendements qu'il obtient, notre agriculteur dit qu'ils sont au moins égaux à ceux du temps où il labourait ses terres en profondeur. Et les quantités de pesticides, fongicides et autres herbicides, ont été fortement diminuées, avec un coût à l'hectare divisé par 2.
Cerise sur le gâteau, au lieu d'alimenter la serre atmosphérique en gaz carbonique, les sols non retournés séquestrent le CO2 à raison de 3 tonnes supplémentaires par hectare chaque année. Bref, en n'infligeant pas l'épreuve du labour aux sols, qui, avec leur microfaune, leur microflore, leurs vers de terre, leurs cycles de l'azote et du carbone, constituent de complexes "réacteurs biologiques", la technique du "semis direct" semble un gage de développement durable pour les terres agricoles, terres qui, pour suivre la croissance démographique mondiale, vont devoir produire de plus en plus tout en restant en bonne santé.

En fait, esthétiquement parlant, les terres labourées des voisins de notre agriculteur sont plus avenantes. Mais l'aspect est trompeur. Car notre agriculteur est en fait à la pointe du progrès, un progrès transporté, une fois n'est pas coutume, du Sud vers le Nord. Car c'est au Brésil que la culture du semis sans labour sur couverture végétale permanente du sol a été mise au point. Les agronomes du Cirad et leurs collègues brésiliens se sont en fait inspirés des écosystèmes forestiers dont le sol n'est jamais labouré, et toujours recouvert de matière végétale morte ou vivante. Ces écosystèmes fonctionnent en circuit fermé, recyclant les nutriments et produisant une biomasse importante, tout en protégeant les sols de l'érosion en dépit de conditions climatiques défavorables.
La technique consiste à utiliser un semoir à disques, puis, avant que la semence ne sorte de terre, à pulvériser un herbicide total (glyphosate), sur la repousse de l'année précédente, qui va être recyclée en matière organique pour le sol.

Mais cette technique a du mal à faire son trou dans le milieu agricole, voire chez les agronomes patentés.
Et les tenants du labour font valoir des arguments qui méritent qu'on les prenne en compte.
Car si, sous nos lattitudes, il commence à y avoir un attrait certains pour les techniques culturales simplifiées (TCS), dont fait partie le semis direct sur couverture végétale permanente, c'est avant tout pour l'avantage de la réduction du temps de travail.
Mais on manque encore de recul pour évaluer le rapport coûts/bénéfices de ces pratiques.

L'un des aspects négatifs de ces pratiques, c'est, en effet, la gestion des mauvaises herbes, essentiellement le brome et le lupin. En enfouissant profondément dans le sol leurs pousses et leurs graines, le labour permet de les contrôler.
Tandis qu'avec le semis direct il faut utiliser des herbicides totaux pour en venir à bout. Molécules dont on ne connaît pas le devenir à long terme dans les sols.
Cependant, force est de constater que les laboureurs impénitents ne se privent pas non plus de recourir à ces herbicides totaux ou d'user de molécules plus spécifiques épandues en de multiples passages...
Quant au ver de terre, dont l'incessant travail de fouissage remplace le soc de la charrue, il serait à double tranchant, car certaines espèces de lombrics, en creusant des galeries verticales, favoriseraient le lessivage des sols et, partant, leur appauvrissement en matières organiques et en azote.

Ceci dit, il semble malgré tout que les agriculteurs qui ont osé renoncer au labour pour pratiquer le semis direct sur couverture végétale, sont tout à fait conquis par cette nouvelle technique, et ne veulent plus blesser leurs sols avec le soc d'une charrue.

Sources: un article de Hervé Ponchelet sur Le Point n° 1679 du jeudi 18 novembre 2004.

De l'eau sous les dunes du désert de Mongolie
"Un désert humide"
Une équipe sino-anglo-australienne menée par le chinois Ling Li s'est intéressée au mystère des dunes géantes du désert Badain Jaran à l'ouest de la Mongolie intérieure (Chine). Leurs résultats viennent d'être publiés dans la revue Nature du 25/11.

En effet, malgré des vents violents et secs, ces dunes conservent leurs assises et atteignent des altitudes de 500 m (un record mondial). De plus, dans cette région pourtant sèche au niveau climatique, il existe 72 lacs, d'une superficie totale de 23 km2.
Ces équipes scientifiques ont ainsi décelé de l'humidité à seulement 20 cm sous la surface d'une dune située pourtant plus en altitude qu'un lac voisin.

Cette présence d'eau pourrait expliquer la stabilité des dunes en agissant comme une sorte de ciment qui assurerait la résistance au vent de l'ensemble. A ce titre, un fossile de plante de plus de 4700 ans d'âge extrait de l'une d'elles témoigne de la cohésion de la dune. L'évaporation étant importante et les précipitations trop faibles, les chercheurs ont effectué une analyse isotopique de l'eau des lacs et des dunes qui permet de «caractériser l'origine de l'eau qui a rechargé le système», indique Christelle Marlin, professeur à l'université Paris-Sud. L'eau provient de la fonte des neiges de la montagne Qilian, située à environ 500 km au sud-ouest du désert ! Les chercheurs expliquent qu'il existe un gigantesque système de circulation d'eau sous le désert, alimenté par la fonte des neiges. «Notre théorie est que l'eau s'infiltre à travers des failles souterraines, précise Ling Li. L'eau met environ vingt ans à se frayer un chemin avant d'arriver dans le désert, et coule à flots : le flux d'eau est dû à la forte pression, puisque la source se situe à 1 000 m au-dessus du désert.»

Une nouvelle ressource en eau expoitable ?
Actuellement, des projets hydrologiques prévoient le transfert de 250 millions de mètres cubes d'eau par an de la rivière Datong, située de l'autre côté de la montagne, vers la rivière Shiyang, située du même côté de la montagne que le désert. Il s'agirait d'assurer une meilleur irrigation en eau des cultures. Or, les failles du désert pourraient éviter ces travaux gigantesques et fournir 500 millions de mètres cubes d'eau par an ! Les scientifiques suggèrent donc d'explorer cette piste souterraine. Avec prudence. Car «Le pompage de l'eau pourrait rompre l'équilibre qui existe actuellement, avertit Ling Li. Les dunes pourraient s'assécher et perdre leur stabilité ; le résultat pourrait aggraver les tempêtes de sable sur les grandes villes régionales et sur Pékin.» Il conclut : «Nous devons évaluer complètement l'impact sur l'environnement avant de développer tout projet d'utilisation de cette nouvelle ressource. C'est l'objet de nos futures recherches.»

auteur : notre-planete.info

énergivie : l’Alsace dit oui aux énergies renouvelables !
Depuis 2003, la Région Alsace pilote le programme européen d’Actions Innovatrices Energies Renouvelables soutenu par l’ADEME et l’Union européenne. Faire prendre conscience au public – particuliers, collectivités locales, professionnels de l’habitat…– qu’il existe de formidables sources d’énergies alternatives modernes et fiables comme le bois ou le solaire, telle est la mission que s’est fixée la Région au travers d’un programme d’actions et d’une vaste campagne de communication : énergivie.

Les énergies renouvelables : une priorité pour l’Alsace
Depuis une vingtaine d’années, face à l’épuisement des ressources énergétiques et devant les problèmes de pollution générés par les énergies « classiques » (gaz à effet de serre, déchets, ozone, etc.) on assiste à une prise de conscience de la nécessité de maîtriser les consommations d’énergie. Ainsi, se tourner vers les énergies renouvelables, capables elles-aussi de chauffer, de fournir de l’électricité ou du carburant, représente la bonne alternative.

Ainsi, sous l'impulsion de la Région Alsace, le Contrat de Plan Etat-Région 2000-2006 fait figurer les énergies renouvelables parmi les priorités. Pour la première fois, ces énergies bénéficient de budgets conséquents et d’un plan de développement à moyen terme.

Déjà, par des interventions financières et des actions d’information, la Région Alsace et l’ADEME Alsace incitent les collectivités, les opérateurs sociaux, les associations et les particuliers à utiliser plus largement les énergies renouvelables.
Les efforts portent particulièrement sur les filières solaire et bois énergie dont les ressources sont largement disponibles en Alsace et qui bénéficient d’applications éprouvées et disponibles sur le marché (capteurs solaires, chaudières bois, matériel de préparation du combustible…).

Rapidement, les premiers résultats concrets apparaissent.
Entre 2000 et 2003, le nombre de chaufferies collectives au bois passe de 8 à 31, les puissances, de 1,5 à 9 MW. En ce qui concerne la filière solaire, la Région Alsace et l’ADEME, en partenariat avec les corporations artisanales concernées, incitent les entreprises de chauffage à se former aux applications de l’énergie solaire. Ainsi, toujours entre 2000 et 2003, près de 13 000 m² de capteurs solaires sont installés chez les particuliers et dans les collectivités. Ce chiffre fait alors de l’Alsace la première région de France en terme de m² installés par habitant depuis 2000 !

En mars 2003, la Commission Européenne retient la candidature de l’Alsace pour la mise en œuvre d’un programme d’actions innovantes. L’objectif est de faire de l’Alsace l’une des régions françaises leader en matière de développement des énergies renouvelables, tant dans les consommations régionales d’énergie que dans les domaines de la formation ou du développement de nouvelles filières économiques.

Ce programme d’actions, qui relève du Fonds Européen de Développement Régional (FEDER), a débuté en septembre 2003 pour s’achever le 31 décembre 2005.

énergivie : des actions concrètes pour promouvoir les énergies renouvelables
Destiné à tous les Alsaciens, unique en Europe, énergivie apparaît comme un programme d’actions permettant d’avancer concrètement, sur notre territoire, en faveur du développement des énergies renouvelables. Il vient accompagner les aides financières déjà en place en renforçant la communication et en menant des études et expérimentations complémentaires.

Voici ces actions :

Mieux informer sur les énergies renouvelables et accompagner Depuis janvier 2004, la Région Alsace a mis en place cinq accompagnateurs terrain, véritables conseillers au service des collectivités, professionnels et particuliers. D’ici fin 2005, leur travail de prospection doit déboucher sur l’installation de 11 000 m² de capteurs solaires et de 85 chaufferies collectives au bois.

- Former des prescripteurs « énergies renouvelables »
. professionnels et futurs professionnels de l’habitat (architectes, bureaux d’études, installateurs, étudiants des filières professionnelles…) ;
. collectivités territoriales et locales ;
. A l’étude : la création d’une filière de formation de haut niveau en Alsace et d’un centre de formation permanente trinational.

- Créer des outils de communication efficaces
Notamment : un portail Internet dédié aux énergies renouvelables, de la documentation tout public, la participation à des salons, l’organisation de portes ouvertes, un forum d’échanges et d’animation des réseaux professionnels…

- Mieux intégrer les énergies renouvelables à l’échelle des quartiers urbains grâce à :
· La réalisation d’une étude générale et la mise en place d’un animateur sur les quartiers mulhousiens situés en zone d’Objectif 2 ;
· La réalisation et le suivi de trois immeubles référents en matière d’énergies renouvelables et de performances énergétiques ;
· L’expérimentation de diffusion de l’énergie solaire à grande échelle.

- Anticiper pour préparer l’avenir avec :
· L’étude de nouveaux modes de financements pour les énergies renouvelables ;
· L’étude de nouveaux potentiels énergétiques régionaux (éoliens, biogaz…) ;
· Le financement de projets de recherche / transfert de technologie et de quatre bourses de thèses axées sur les énergies renouvelables.

- Intégrer plus fortement les énergies renouvelables dans le développement économique alsacien avec notamment l’étude de l’impact économique du développement des énergies renouvelables en Alsace (nombre d’emplois, type d’entreprises, actions à mener pour favoriser l’implantation de nouvelles entreprises, filières à développer, etc.).

- Développer les énergies renouvelables dans l’agriculture et le tourisme avec :
· L’étude des potentiels de ces deux secteurs porteurs pour les énergies renouvelables ;
· La mise en place d’un accompagnateur terrain dédié ;
· La constitution de regroupements d’agriculteurs pour la fourniture de bois énergie ;
· L’organisation de visites d’installations ;
· La création d’outils de communication pour le tourisme frontalier et des pays du Nord, et édition d’un guide touristique des énergies renouvelables.

auteur : Programme énergivie

Un téléphone portable biodégradable
Des chercheurs de l'université de Warwick dans le centre de l'Angleterre ont mis au point le premier téléphone portable écologique et biodégradable, qui se transformera en fleur une fois planté dans la terre.

Cette invention révolutionnaire permet, selon un communiqué de l'université de Warwick publié mardi, de résoudre la question du recyclage des téléphones portables, qui se pose dans le monde entier depuis l'explosion de la téléphonie mobile.

"Les téléphones portables sont, parmi les accessoires électroniques, ceux que l'on renouvelle le plus rapidement: l'évolution rapide de la technologie et des goûts incite les consommateurs à changer constamment leur téléphone et à ne plus utiliser leurs vieux combinés", expliquent les inventeurs.

L'équipe de l'université de Warwick a travaillé en collaboration avec une société britannique de haute-technologie, PVAXX Research, et le fabricant américain de téléphones portables Motorola.

L'appareil 100% écologique est fabriqué à partir de polymères biodégradables qui se transforment en poussières lorsqu'ils sont enterrés dans du compost, explique le communiqué.

Une graine de fleur est également insérée dans le combiné: "Grâce à une petite fenêtre, elle est visible de l'extérieur mais elle ne germera pas tant que l'utilisateur n'est pas décidé à recycler son téléphone portable" en le plantant dans la terre.

Après de longues recherches, l'équipe du docteur Kerry Kirwan a déterminé que la fleur qui avait le plus de chance de pousser au contact du combiné était le tournesol.

Reste désormais à trouver à cette invention une application commerciale. "La technologie fonctionne, nous l'avons prouvé: n'importe quel fabricant de téléphones portables peut l'utiliser s'il pense que cette invention a un avenir commercial", explique un porte-parole de l'université de Warwick.

LONDRES (AFP), le 30-11-2004

La déforestation en cause après le déluge aux Philippines
Suite au passage de 4 tempête tropicales en deux semaines sur les Philippines, inondations, coulées de boue et glissements de terrains se sont succédés tuant au moins 1 300 personnes et sinistrant 800 000 personnes dans le nord-est du pays, notamment dans les villes côtières de la grande île de Luzon.

La déforestation aggrave les conséquences des tempêtes
De nouveau, c'est la déforestation (comme à Haïti en mai 2004) qui est à l'origine des conséquences exacerbées liées au passage des tempêtes.
En effet, avec des pentes importantes et plus d'obstacles (plus d'arbres) pour retenir l'eau précipitée qui dévale vers les plaines côtières, celle-ci entraîne des troncs coupés et des pierres qui éventrent les habitations.
Ainsi, des millions de Philippins empiètent sur les dernières forêts de l'archipel pour survivre et la déforestation illégale a été placée au banc des accusés et les coupables désignés sont nombreux.
Des paysans pratiquant la culture sur brûlis, la guérilla communiste, des responsables gouvernementaux: tous portent une part de responsabilité, ont déclaré des défenseurs de l'environnement et membres de l'administration.
Le sous-secrétaire à l'environnement, M. Paje, reconnaît que le relief accentué et les pluies ont joué un rôle dans la catastrophe. Mais "historiquement, la cause principale reste la conversion de la forêt en zone d'exploitation agricole, industrielle ou autre", dit-il.
La solution, estime-t-il, "est de sevrer le gens de moyens de subsistance liés à la forêt pour leur trouver d'autres sources de revenus".

Un constat sans issue ?
"Un tiers de la population du pays environ vit dans les zones forestières", a déclaré le sous-secrétaire à l'Environnement et aux Ressources naturelles, Ramon Paje, qui estime que la forêt ne recouvre plus que sept millions d'hectares sur une superficie totale de 300.000 Km2. "L'abattage illégal est lié à la pauvreté. Tant que des gens y verront un moyen de payer leur prochain repas, les arbres n'ont aucune chance", a-t-il dit.
La présidente Gloria Arroyo a suspendu ce week-end toute coupe d'arbre à des fins commerciales à la suite de la tragédie, qui rappelle une catastrophe similaire également imputée à la déforestation au cours de laquelle plus de 7.000 personnes furent tuées en 1991 dans la ville d'Ormoc, dans le centre des Philippines.

Pourtant, l'exploitation des forêts est interdite depuis 30 ans dans la région la plus touchée par le déluge, autour des villes de Dingalan, General Nakar, Infanta et Real. Mais la route menant à Real est longée de magasins de meubles et de scieries. Et les collines ont été replantées de cocotiers et autres récoltes aux racines qui ne s'enfoncent pas suffisamment dans le sol pour retenir la terre.
Selon l'ex sénateur Orlando Mercado, qui avait proposé en vain d'interdire toute exploitation de la forêt dans les années 1990, 25 millions de gens sur un total de 84 millions vivent sur les 15 millions d'hectares du territoire désignés officiellement zones forestières. "Nous sommes tout simplement à court de plaines pour y habiter", dit M. Mercado.
Pour Blas Tablanza, biologiste à l'Université des Philippines et militant écologiste, il est trop tard car l'exploitation de la forêt se poursuit depuis les années 1950. "Il n'y a plus assez de terre pour une renaissance des arbres", dit-il.
La guérilla communiste a également été mise en cause. La présidente Arroyo l'a accusée d'être impliquée dans l'exploitation illégale de la forêt dans les régions touchées par les dernières catastrophes. L'armée assure aussi que les rebelles financent largement leur guérilla, qui dure depuis 35 ans, par le biais de la déforestation. Les maquisards rétorquent que ce sont les responsables locaux et même des législateurs qui sont derrière.

auteur : notre-planete.info

Les Français consomment de plus en plus de produits bio
Dans le cadre des craintes des consommateurs français envers les pesticides et les OGM dans les aliments, la demande en produits biologiques progresse dépassant les capacités de production.

Une consommation en augmentation
"En un an, la consommation de produits biologiques a fait un bond de 7 points: plus d'un Français sur trois (44%) en a consommé régulièrement cette année contre 37% en 2003", a indiqué jeudi la nouvelle directrice d'Agence Bio, Elisabeth Mercier.
Les fruits et légumes, les oeufs et le pain sont les produits les plus prisés des Français, "avec un taux de fidélité remarquable" qui s'accentue, souligne Mme Mercier.
Les produits laitiers et les volailles sont les denrées qui rencontrent le plus les faveurs des nouveaux adeptes de produits bio, synonymes pour eux de santé et de protection de l'environnement.

Une image plus que positive
Selon l'Agence BIO qui a mis en place un "Baromètre de perception et de consommation des produits biologiques en France", une première étude conduite en octobre 2003 indique que 83% des Français ont une image positive des produits bio. En effet, ces aliments sont perçus comme naturels et sains car cultivés sans produits chimiques. Les Français reconnaissent leut caractère écologique: 84% considèrent que les produits bio "contribuent à préserver l'environnement " et 74% qu'ils "respectent le bien-être des animaux ".
L'Agence Bio est un groupement d'intérêt public dont la mission est d'oeuvrer pour le développement et la promotion de l'agriculture biologique française.

Un marché qui se tourne vers les magasins spécialisés
Les consommateurs de produits bio se tournent de plus en plus vers les marchés et magasins spécialisés au détriment des grandes et moyennes surfaces qui représentent tout de même 65% des achats effectués cette année, contre 72% en 2003.
De plus, la grande distribution ne propose que 150 à 200 produits contre plus de 8 000 dans les magasins d'alimentation biologique selon Didier Perreol, vice-président de Synabio (Syndicat national des transformateurs de produits naturels et de culture biologique).

Une offre insuffisante
Aujourd'hui, le marché bio représente en valeur 4% du marché alimentaire. Synabio et la FNAB (Fédération nationale d'agriculture biologique des régions de France), redoute que cette augmentation de la demande en produits bio "ne profite avant tout à la production d'autres pays européens ou du reste du monde".
En effet, les surfaces "bio" --1,8% des terres cultivées-- n'ont progressé que de 6% en 2003 tandis que le nombre d'entreprises de transformation régressaient de 7%. Résultat: la moitié des produits bio consommés en France sont importés.
La FNAB met en cause "un manque de volonté politique" et les difficultés rencontrées pour "structurer les filières". Elle estime aussi que le plan de relance annoncé par le gouvernement en février dernier au profit de la filière bio n'a, "faute d'ambition, servi à rien". Elle entend "convaincre le nouveau ministre de l'Agriculture, Dominique Bussereau, de l'urgence qu'il y a à développer la production biologique en France".

auteur : notre-planete.info

La sciure c'est sciant...
auteur: le canard enchainé, mercredi 24 11 04, Jean-Luc Porquet
Intéressant, cet article paru dans le Canard Enchaîné du 24/11/04, qui nous montre que le bois, matériau encore peu modifié par les mercantiles, peu subir les affres de la loi de marché:
imaginez, vous prenez du bois, vous en faites de la sciure, pour en refaire du bois!!!
NDLR: le marché se contentait, du temps où le meuble en bois massif absorbait une grande partie de bois d'oeuvre, de transformer en panneaux (bois reconstitué), tous les résidus de scierie et de forêt: dosses, copeaux, sciure, bois d'éclaircies, branches, bois hors choix. Avec un accroissement de la demande en meubles jetables (OSB ou MDF), le risque est que la demande en panneaux soit plus importante que la production actuelle, et que l'on s'oriente vers une gestion de forêts à taillis destinés uniquement à l'industrie de trituration. Ou, comme le relève si bien le Canard Enchaîné, le risque de voir ces industries se rabattre sur des forêts tropicales dont les bois sont bradés.

LA SCIURE, C'EST SCIANT, article dans le Canard Enchaîné du mercredi 24 Novembre 2004, Jean-Luc Porquet.

Ce qui est énervant, avec le bois, c'est qu'il est vivant. Vivant, donc changeant: il bouge, se dilate à la chaleur, évolue au fil des ans, il a des veinages, des noeuds, un fil, un grain, bref il est imprévisible et n'en fait qu'à sa tête. Pendant des siècles, les artisans menuisiers et ébénistes s'en sont contentés, et ont même appris à aimer cette variété, à la connaître, à en jouer, à s'en faire les alliés, bref à travailler le bois. Quelle perte de temps idiote! L'homme moderne a enfin trouvé la solution pour régler son compte au bois: il l'a transformé en sciure!

La sciure, agrémentée de poussière et de copeaux, est idéale: on la mélange à des colles, et voilà un matériau à la fois mort et malléable, qu'on presse à chaud, qu'on moule à volonté, qu'on transforme en grands panneaux stables, indéformables, uniformes, parfaits pour la production industrielle, la fabrication à la chaîne, les prix de revient compressés. Plus besoins de professionnels ni de savoir-faire, les machines font tout.
Et c'est la grande victoire d'Ikéa, note Bertrand Louart dans une remarquable étude (1), que d'avoir "formaté la demande des consommateurs pour l'adapter aux exigences du processus de production lui-même". Ikéa jacta est !!

Après l'aggloméré et le formica des années 50-60, on a maintenant l'OSB (oriented strand board) et le MDF (medium density fireboard), rien que des noms poétiques, à partir de quoi désormais tous les meubles ou quasiment sont faits.
Le meuble en sciure correspond au mode de vie industriel qui est devenu le nôtre: on bouge, on déménage, le mobilier n'est plus qu'un décor éphémère, jetable, soumis à la mode du jour, qu'on ne prend plus la peine d'entretenir ni de réparer. Du bois, il ne garde plus que l'apparence: souvent, une simple feuille de papier ciré recouvre les meubles modernes, sur laquelle on aura préalablement imprimé une photo de "décor bois"...

"Tous ceux qui ont travaillé avec les panneaux restructurés savent, par leur expérience sensible, note Bertrand Louart, que ces matériaux sont en fin de compte de belles saloperies".
Et pour fabriquer ces meubles bon marché dont la demande explose, les industries dévastent les forêts primaires tropicales des pays pauvres, lesquels bradent ce patrimoine exceptionnel par sa biodiversité.

Au congrès de l'Union Mondiale pour la Nature (UICN), qui se déroule cette semaine à Bangkok, on a pu ainsi apprendre que "tous les bois tropicaux importés en France figurent sur la liste rouge de l'IUCN (7000 espèces animales et 8000 espèces végétales menacées)" (Le Parisien, 19/11).
Or les labels qui prétendent garantir que le bois a été coupé dans de bonnes conditions écologiques et sociales restent marginaux: seuls 3% des forêts dans le monde sont ainsi "certifiées". Comme le notaient Frédéric Durand, Francis Hallé et Nicolas Hulot dans "Le Monde" (11/11/03), "le phénomène est irréversible, il est devenu impossible d'empêcher la destruction généralisée des forêts primaires tropicales".
Et vive la sciure!!

(1) Notes et morceaux choisis n°6, "La menuiserie et l'ébénisterie à l'époque de la production industrielle", 40 p., 5€. Chez l'auteur, 52, rue Damrémont, 75018 Paris.

Mystère autour de la mort de vaches nourries aux OGM
- Au début, Gottfried Gloeckner a cru au miracle du maïs transgénique dont il a semé des plants pour nourrir ses vaches. Lorsque, quatre ans plus tard, cinq vaches sont mortes subitement, puis sept autres, le paysan a ordonné des expertises et a alerté les autorités. Sans succès.

A peine l'Union européenne avait-elle autorisé en 1997 la culture sur une surface limitée du maïs génétiquement modifié BT 176 destiné au fourrage, que le paysan en semait sur son exploitation de Hesse (centre-ouest).

Gottfried a progressivement mélangé une quantité croissante de ce maïs à la nourriture de ses vaches.

Jusqu'à ce qu'au printemps 2001, il observe "des troubles" chez cinq vaches: du sang dans le lait et dans l'urine, des diarrhées, puis la mort, sans qu'aucun vétérinaire ne puisse poser de diagnostic. L'année suivante, le phénomène se reproduisait avec sept vaches.

Le BT 176 contient un gène modifié destiné à repousser les insectes. Selon la fiche informative du fournisseur de Gottfried, Syngenta GmbH, "il est officiellement prouvé qu'il est éliminé en quelques secondes par l'appareil digestif et n'est présent ni dans le lait, ni dans la viande".

Le paysan a ordonné plusieurs expertises, qui ont établi que "la substance reste beaucoup plus longtemps que prévu dans l'organisme". "Sur des vaches en pleine forme, cela n'a peut être pas d'influence, mais dès qu'elles sont affaiblies, cela peut être mortel", estime l'agriculteur.

Systématiquement, Gottfried a fourni le résultat des expertises au Robert Koch Institut (RKI) à Berlin, chargé de la surveillance de la santé publique.

Au RKI, l'expert Hans-Joerg Buhk n'a pas la clé de la mort des bêtes mais assure que "le maïs BT 176 passe pour être sûr" et qu'aucun problème n'a été signalé en Allemagne, où une poignée d'exploitants l'utilise.

"Gottfried a expérimenté le produit pendant quatre ans, et même s'il n'y a pas de preuve irréfutable, dans le doute, il faut interdire le BT 176", réclame Christoph Then, de Greenpeace.

Ce n'est pas la première fois que le BT 176 fait l'objet de critiques: sa reconduction a été récemment suspendue ou fortement freinée dans plusieurs pays comme l'Autriche, les Etats-Unis, l'Espagne et le Luxembourg, selon Greenpeace.

Diffuseurs, bougies, encens : ces désodorisants qui nous empoisonnent
"Brûler de l'encens, c'est à peu près comme respirer un pot d'échappement"PARIS (AFP) - 26 nov -
Les désodorisants et parfums d'ambiance, sous couvert de "tuer les mauvaises odeurs", nous empoisonnent à petit feu en relâchant dans l'air des produits toxiques et allergisants, selon les tests publiés lundi par l'Union fédérale des consommateurs-Que choisir.
Sur 35 produits testés, aucun ne peut être considéré comme inoffensif. La plupart sont franchement toxiques et l'UFC-Que Choisir interpelle les pouvoirs publics pour que les plus nocifs soient "interdits dans tous les lieux publics" et étiquetés "peut provoquer le cancer", ou "peut provoquer des allergies".

"Les résultats sont véritablement alarmants, on a envie de dire +respirer tue+", a commenté lundi lors d'une conférence de presse Alain Bazot, président de l'UFC-Que choisir. "Les deux tiers de ces produits devraient être vendus avec un masque à gaz" conclut Alain Bazot.
35 produits ont été testés : 5 aérosols traditionnels, 3 vaporisateurs concentrés, 5 gels, 12 diffuseurs, 5 bougies parfumées et 5 encens et huiles essentielles.
Tous émettent à des degrés divers des molécules dangereuses pour la santé ou allergisantes.

Cinq produits, qui relâchent des niveaux particulièrement élevés de benzène et de formaldéhyde, sont "à éliminer", selon l'UFC :
- un cône bleu IBA Sanaga épices marines
- un diffuseur Air Wick Décosphère vanille et orchidée
- un bâton d'encens Bleu d'évasion de Monoprix
- une lampe Berger Orange Cannelle et
- des bâtons d'encens fleur de vanille Ushuaia
Monoprix, informé des résultats du test sur ses bâtons d'encens, a choisi de les retirer de la vente.

Le benzène est un hydrocarbure cancérigène. Le formaldéhyde, qui vient d'être classé cancérigène par le Centre international de recherche sur le cancer, est présent dans de très nombreux produits (bois agglomérés, colles, nettoyants ménagers etc.).

L'association réclame au ministère de la Santé une évaluation et une réglementation, qui n'existe pas aujourd'hui pour les émissions de polluants des produits de grande consommation. "Des progrès ont été faits pour connaître l'air extérieur, mais l'air intérieur est beaucoup moins analysé, alors que nous y passons jusqu'à 90% du temps", souligne M. Bazot.

Inutile de se fier aux désodorisants traditionnels, même le papier d'Arménie est à bannir.Les adeptes de naturel, qui font confiance aux bougies et à l'encens, ont "tout faux", relève Que Choisir. "Brûler de l'encens, c'est à peu près comme respirer au plus près d'un pot d'échappement". Quant à la paraffine des bougies, c'est un sous-produit du pétrole qui émet nombre de polluants pendant la combustion.

Le "European respiratory journal" dresse le même constat dans une étude publiée vendredi : l'air des églises dépasse largement les concentrations admises pour l'air extérieur par l'Union européenne.

Un produit traditionnel, comme le Papier d'Arménie, qui se vante d'être le "plus ancien assainissant naturel", charge en réalité l'air en formaldéhyde et benzène.

Les deux produits "bio" testés (Florame et Phytaromasol) n'émettent pas de produits cancérigènes, mais sont riches en limonène, un constituant du citron extrêmement allergisant, relève l'UFC.

"Au-delà des avertissements qui devraient figurer en bonne place comme sur les paquets de cigarettes, il importe de savoir si le produit a une réelle utilité", souligne le magazine Que Choisir, dont le numéro de décembre publie les résultats des tests.

Masquer une mauvaise odeur en ajoutant à la pollution de l'air n'est pas une solution. Mieux vaut traiter l'odeur à la source (moisissure, humidité ...) et surtout, aérer.