Le protocole de Kyoto entre en vigueur
La ville de Kyoto au japon a enfin fêté l'entrée en vigueur du fameux Protocole de Kyoto qui unit une majorité de pays du monde dans une réduction sensible des émissions de gaz à effet de serre.

Qu'est-ce que le Protocole de Kyoto ?
Ce document est le premier programme légalement contraignant destiné à lutter contre le réchauffement climatique. Il s'inspire d'un plan lancé en 1992 au Sommet de la Terre de Rio, qui prévoyait à l'horizon 2000 la stabilisation des émissions de gaz à effet de serre à leur niveau de 1990. Cet objectif n'a pas été atteint.
La Convention-Cadre des nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) a reconnu l'existence de changements climatiques induits par les activités humaines. Il a alors été déclaré que les pays industriels, en tant que principaux responsables, devaient lutter contre ce phénomène.
L'objectif énoncé par la CCNUCC est de "stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique". Et ce en convenant "d'atteindre ce niveau dans un delai suffisant pour que les écosystèmes puissent s'adapter naturellement aux changements climatiques, que la production alimentaire ne soit pas menacée et que le développement économique puisse se poursuivre d'une manière durable."

La 3ème Conférence des Parties de la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques, s'est tenue à Kyoto (Japon) en décembre 1997. Le protocole qui en est issu, engage juridiquement et quantitativement les pays signataires à réduire de 5,2% leurs émissions de gaz à effet de serre pour l'horizon 2008/2012, par rapport à leurs émissions de 1990.
Cependant, pour l'entrée en vigueur du Protocole de Kyoto, deux conditions étaient indispensables :
1. au moins 55 pays devaient le ratifier
2. parmi eux, ceux visés par l’annexe 1 de la Convention (c’est-à-dire pays de l’OCDE sauf Mexique et Corée, et pays dits en transition), devaient cumuler au moins 55 % des émissions de CO2 en 1990. Avec l'annonce de la ratification russe le 18 novembre 2004 (la Russie est responsable de 17% des émissions mondiales), le protocole de Kyoto a pu entrer en vigueur 90 jours après.

L’entrée en vigueur du Protocole signifie qu’à partir du 16 février 2005 :
1. Trente-cinq pays industrialisés et la Communauté européenne sont légalement tenus de réduire leurs émissions combinées de six importants gaz à effet de serre sur une période de cinq ans, entre 2008-2012, en dessous des niveaux de 1990.
2. Le marché international du commerce de carbone reçoit un fort signal du marché. Le régime du "commerce d’émissions" du protocole permet aux pays industrialisés d’acheter et de vendre des crédits d’émissions entre eux; cette approche basée sur le marché améliorera l’efficacité et la rentabilité des réductions d’émissions.
3. Le Mécanisme de Développement Propre (MDP) se voit fortement stimulé. Le MDP encourage les investissements dans les projets qui limitent les émissions dans les pays en développement tout en promouvant le développement durable.
4. Le Fond d’adaptation du Protocole, établi en 2001, peut devenir opérationnel pour assister les pays en développement à faire face aux effets négatifs des changements climatiques.

Une avancée encore insuffisante
Au 02 février 2005, 141 Etats, qui couvrent 80 % de la population mondiale, avaient ratifié le Protocole pour un pourcentage d'émissions de gaz à effet de serre qui représente 61% des émissions mondiales.
Pour autant, l'administration américaine a retiré les Etats-Unis (responsable de près de 36% des émissions de gaz à effet de serre) du Protocole de Kyoto en mars 200.
Le président américain George Bush a estimé que Kyoto était trop coûteux pour l'industrie et qu'il avait tort d'exempter dans un premier temps les pays en voie de développement.
En effet, le Protocole de Kyoto, n'inclut pas, au moins jusqu'en 2012, des pays en voie de développement tels que l'Inde, la Chine et le Brésil, qui abritent pourtant plus d'un tiers de la population mondiale et qui deviendront dans quelques années les premiers émetteurs de gaz à effet de serre de la planète.
La raison évoquée n'est toutefois pas acceptable et n'excuse pas cette prise de position irresponsable... même si de nombreux signataires du pacte ne respectent pas leurs engagements. A ce titre, l'Espagne et le Portugal étaient ainsi en 2002 à 40,5% au-dessus du niveau des émissions de 1990, l'Irlande à 28,9% et la Grèce à 26%, selon les chiffres de l'Onu. Par comparaison, l'Australie se situe à 22,2% au-dessus des niveaux de 1990, et les Etats-Unis à 13,1%... Au Japon, première économie mondiale, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de huit pour cent par rapport à 1990.
Même s'il est scrupuleusement appliqué, le protocole ne réduira la hausse prévue des températures d'ici 2100 que de 0,1 degrés Celsius, selon les projections de l'Onu, ce qui est insuffisant en regard des projections du Groupe Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) qui évalue la hausse de température à l'horizon 2100 entre 1,4 et 5,8 degrés Celsius.

"Il n'y a pas de temps à perdre !"
"Kyoto fournit une base très solide pour notre politique en matière de changement climatique", se félicite Klaus Toepfer, chef du Programme des Nations unies pour l'environnement, qui y voit une première étape dans la lutte contre des modifications du climat potentiellement catastrophiques.
"C'est un grand pas en avant dans notre lutte contre ce qui constitue l'un des plus grands défis du 21e siècle: le changement climatique", a déclaré le secrétaire général de l'Onu, Kofi Annan. "Le changement climatique est un problème mondial. Il exige une réaction mondiale, et concertée", a-t-il ajouté. "J'appelle la communauté internationale à faire preuve d'audace, à adhérer au protocole de Kyoto, et à se hâter de prendre les mesures nécessaires. Il n'y a pas de temps à perdre !"
Dans une allocution enregistrée projetée à l’occasion d’une manifestation organisée spécialement à Kyoto par le gouvernement japonais, le président de la Commission, M. José Manuel Barroso, déclare: “Il est vital que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour sauver notre planète pour le salut des générations futures, mais aussi que nous la rendions plus sûre pour nous tous aujourd’hui. Le protocole de Kyoto est une première étape, essentielle, dans ce sens. Son entrée en vigueur aujourd’hui indique clairement au monde des affaires notre besoin de nouvelles technologies respectueuses du climat.”
M. Stavros Dimas, membre de la Commission chargé de l’environnement, a ajouté: “La lutte contre le changement climatique n’est pas une possibilité, c’est une nécessité. Si la température du globe continue d’augmenter, c’est notre bien-être et nos économies qui seront menacées. C’est pourquoi l'UE s’emploie avec la plus grande énergie à atteindre les objectifs de réduction des émissions que lui fixe le protocole de Kyoto. Mais un nombre écrasant d’études scientifiques montre que nous devons intensifier nos efforts et chercher à réduire drastiquement les émissions dans le monde entier.
Kyoto n’est qu’une première étape – l’UE est disposée à examiner des mesures plus ambitieuses pour l’après-2012 et nous invitons instamment le reste de la communauté internationale à prendre part à cette discussion sans tarder.”

Des teneurs en gaz à effet de serre qui s'emballent...
Les chercheurs ont obtenu par l'analyse de multiples carottes glaciaires des bornes trés précises quant aux teneurs "normales" observées sur plus de 420 000 ans pour le CO2 et le CH4 :
- les concentrations en CO2 sont comprises entre 190 ppm (ères glaciaires) et 300 ppm (périodes chaudes). Les mesures effectuées à l'observatoire de Mauna Loa et l'étude des bulles d'air emprisonnées dans les calottes polaires, montrent que la concentration est passée d'environ 270 ppm dans les années 1850 (début de la civilisation industrielle) à 375 ppm actuellement.
- pour le CH4, il fluctue entre 350 et 750 ppb, or nous avons déjà dépassé les 1700 ppb.

Les responsables : les activités humaines
Ce sont les gaz à effet de serre anthropiques (c'est à dire d'origine humaine) émis en excès dans l'atmosphère qui modifient notre climat via un réchauffement.
Ces gaz sont bien connus : gaz carbonique (CO2), méthane (CH4), protoxyde d'azote (N2O), ozone (O3), hexachlorofluorocarbone (HCFC), perfluorocarbures (PFC) et hexafluorure de soufre (SF6). Ils proviennent de nos activités : déplacement (automobile notamment), consommation, agriculture (via l'élevage), production d'énergie (via les centrales à charbon par exemple)...

Les conséquences attendues
Les changements climatiques induits par cette augmentation de la concentration des gaz à effet de serre auront des conséquences multiples et difficiles à certifier. Cependant, ils devraient causer des modifications, aux échelles régionale et planétaire, de la température, des précipitations et d'autres variables du climat, ce qui pourrait se traduire par des changements mondiaux dans l'humidité du sol, par une élévation du niveau moyen de la mer et par la perspective d'épisodes plus graves de fortes chaleurs, d'inondations, de sécheresses...

Comment agir pour une société plus durable ?
Il est dorénavant acquis que nous, citoyens des pays industrialisés, sommes pleinement reponsables de la dégradation de l'environnement (jusqu'à l'échelle planétaire), autant sur le point du changement climatique, de la biodiversité, des ressources que de notre santé et notre cadre de vie. Cependant, nous croyons souvent à tort que la défense de notre santé et notre environnement n'est pas de notre ressort, alors qu'en tant que consommateurs, nous représentons une force considérable.
A ce titre, nous vous proposons de découvrir notre dossier qui présente quelques gestes simples, responsables, efficaces et de surcroît économiques ! Pour qu'au quotidien, ils contribuent au développement durable de nos sociétés, seule solution censée pour les générations en cours et à venir.

auteur : notre-planete.info (Christophe Magdelaine)

L'Allemagne est-elle si verte que cela ?
Au dernier classement de la Commission sur la mise en œuvre et le contrôle de l’application du droit communautaire de l’environnement pour l’année 2003, l’Allemagne se situait dans la moyenne et arrivait 7ème sur 15. La France étant bonne dernière. Ni cancre, ni premier de la classe, l’Allemagne doit pallier les difficultés liées à la structure fédérale du pays tout en compensant certaines lacunes et retards par d’autres avancées environnementales.

La réponse du ministère de l’environnement aux dernières mises en garde de la Commission européenne a été rapide. D’une part, le ministère a défendu son action en rétorquant qu’il avait mis les bouchées doubles pour combler le « retard chronique » de l’Allemagne, d’autre part, en soulevant la difficile question du partage des compétences entre le gouvernement et les Länder (Régions). De fait, le gouvernement fédéral ne possède pas toutes les compétences légales lui permettant de faire appliquer la même loi pour l’ensemble du pays, certaines législations relevant de la compétence des Länder. « L’organisation fédérale du pays complique la prise de décision et l’application du droit environnemental. Pour des pays comme la France ou la Pologne qui sont organisés de manière centralisée, il est beaucoup plus facile de faire appliquer les lois dans tout le pays. En Allemagne, il faut passer par un processus qui signifie souvent que les projets de loi envisagés par le gouvernement se trouvent une fois les négociations finies affadis », résume Rüdiger Rosenthal, porte-parole du Bund, la plus grande association environnementale d’Allemagne.

Une organisation fédérale gênante
C’est ainsi que l’Allemagne s’est fait épinglée sur le projet d’agrandissement de l’aéroport de Francfort, projet mis en place par le gouvernement du Land de Hesse. Il prévoyait en effet la création d’une nouvelle piste d’atterrissage passant juste au-dessus d’un site industriel chimique...La Commission avait également signifié son exaspération quant à l’application de la directive sur les réserves naturelles. En 2004, quatre Länder, le Brandebourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre et la Saxe-Anhalt, n’avaient toujours pas transposé la directive dont l’échéance avait été fixé en...1994.

Mais pour Rüdiger Rosenthal, le principal problème de cette organisation politique réside dans la primauté des intérêts privés sur l’intérêt commun : « Prenons l’exemple de la politique des transports. Les Länder soumettent au gouvernement fédéral une liste de projets qu’ils souhaitent voir se réaliser. Or, la clientèle locale, comme les entreprises de construction, font pression sur les Länder et vont influencer l’élaboration de cette liste, et ce, d’une manière plutôt négative pour l’environnement, comme on peut se l’imaginer ».

L'Allemagne dans la moyenne
Si l’Allemagne ne brille pas autant qu’on pourrait le penser en matière d’environnement, elle n'est pas dernière de la classe européenne. Le dernier rapport de la Commission montre, qu’à la fin de l’année 2003, l’Allemagne n’avait toujours pas transposé 20 directives ce qui la met au niveau des Pays-Bas et de la Belgique, la France arrivant en bout de classement avec 38 cas de non transposition. Le prix d’excellence revient au Danemark avec 7 cas seulement de directives non transposées.

Dans son classement environnemental des pays de l’OCDE (31 en tout), l’agence de notation socio-environnementale Oekom research situe également l’Allemagne dans la moyenne. La faible variété des espèces ainsi que la petite superficie d’espaces naturels protégés constituent, selon l’agence, le talon d’Achille environnemental du pays. Cette situation est toutefois compensée par la gestion « exemplaire » des ressources, se traduisant par une faible consommation d’énergie, un faible taux de déchets, et par conséquent un large taux de recyclage, ainsi qu’un faible taux d’émission de gaz – des chiffres qui se mesurent en fonction de la productivité économique du pays, précise Marnie Bammert, de l’agence munichoise.

L’agence note également que le pays a, en plus du ministère de l’environnement, une agence pour l’environnement, et a également institutionnalisé un conseil d’expert en environnement. De plus, en accord avec l’agenda 21 des Nations Unies, le pays favorise la participation des parties prenantes dans les prises de décision concernant la mise en place d’une politique de développement durable. Enfin, l’Allemagne a ancré les principes du développement durable dans sa constitution

Les effets secondaires de la déprime économique
L’automobile a longtemps occupé une place prépondérante en Allemagne ce qui contrastait avec la conscience écologique affichée dans le pays. Mais le reprise économique se refuse toujours à venir et Rüdiger Rosenthal observe un changement de comportement chez les consommateurs allemands : « Jusqu’à présent, la philosophie du plus gros, plus vite et plus luxueux a toujours primé en Allemagne, ce qui, d’un point écologique, est inacceptable bien sûr. Avec la situation économique actuelle, les consommateurs font attention à leurs consommation d’énergie. C’est la première fois d’ailleurs que l’on enregistre une baisse des dépenses de l’essence en Allemagne, les gens prenant plus volontiers le vélo ou les transports publiques »

Selon le militant écologiste, si l’importance des thèmes écologiques s’affaiblit au profit des thèmes économiques et sociaux, les consommateurs sont tout de même conscients du rapport entre leurs modes de vie et la problématique du changement climatique. « En dehors du contexte économique, ce lien permet une bien meilleure acceptation du changement de mode de consommation », veut croire Rüdiger Rosenthal.

Claire Stam
Source : http://www.novethic.fr/novethic/site/article/index.jsp?id=80431

Barcelone: chauffe-eau solaires obligatoires
Dans le cadre de son programme d'amélioration énergétique, Barcelone a décidé de rendre obligatoire, en 2000, l'installation de panneaux solaires thermiques pour fournir l'eau chaude de tout bâtiment nouvellement construit ou réhabilité. Une initiative adoptée depuis par une cinquantaine de ville en Espagne, dont Madrid et Séville et qui fera l'objet d'une loi nationale en 2005.

La Catalogne et sa capitale Barcelone ont appliqué leur singularité à l'écologie. Pour réduire le recours aux énergies fossiles et lutter, à sa manière, contre le réchauffement climatique, un arrêté municipal, promulgué au cours de l'été 1999, effectif depuis août 2000, a décrété l'installation généralisée et obligatoire de chauffe-eau solaires dans tout bâtiment neuf ou en réhabilitation, dont la consommation d'eau chaude dépasse les 2 000 litres par jour. L'objectif est qu'il doit représenter 60 % minimum des besoins en eau chaude . Par "bâtiment", l'arrêté désigne des immeubles résidentiels, mais aussi des casernes, des prisons, des lieux dédiés à la santé, des équipements sportifs (stades, gymnases), certains locaux commerciaux, des constructions industrielles (pour l'eau chaude servant au processus de fabrication ou aux douches du personnel), ou encore toute autre surface disposant de cantines, de cuisines ou de buanderies collectives. Sont donc visés le secteur privé comme le secteur public.

20 000 m2 de capteurs solaires
A ce jour, quatre ans après la promulgation de cet arrêté, qui, s'il a alimenté les débats à son annonce, "n'a pas rencontré de véritable oppostion", souligne t-on à Barcelone, 232 projets sont été déposés. Selon l'Agence de l'énergie de Barcelone, qui propose sur son site un suivi détaillé de l'application de l'ordonnance, ces projets représentent un potentiel (tous ne sont pas réalisés) de 20 000 m2 de capteurs solaires thermiques (en majorité destinés au secteur résidentiel). Avant l'entrée en vigueur de cette mesure, seuls 1 650 m2 étaient installés. Cela équivaut, selon l'Agence, à une économie de 2 756 tonnes de CO2 par an, et de 15 675 MWH de production énergétique par an, soit l'équivalent des besoins d'une population de 30 000 personnes pendant une année. A ce rythme, l'Agence espère voir 100 000 m2 de panneaux solaires thermiques orner les toits barcelonais, à horizon 2010.

2005, l'année du solaire thermique en Espagne
Les panneaux solaires thermiques semblent bien acceptés. " L'installation de ces panneaux est même devenu un argument marketing mis en avant par les promoteurs immobiliers " note avec surprise Victor Almagro, directeur d'Enersoft, cabinet d'ingénierie barcelonais spécialisé dans l'énergie solaire thermique, filiale espagnole d'un des principaux bureaux d'étude français dédié à l'énergie solaire, Tecsol. "Si cela représente un léger cout, les promoteurs l'amortissent grâce à la valeur prise par l'appartement, ironise Victor Almagro, tant le marché de l'immobilier s'est envolé. Du reste, la plupart des projets de chauffe-eau solaires se font sans les aides proposées par l'équivalent de l'Ademe en Espagne, trop compliquées à obtenir. "Aujourd'hui, 25 municipalités de Catalogne (soit 50 % de la population catalane) ont promulgué un tel arrêté, et ce sont, en tout, 50 villes aussi emblématiques que Madrid ou Séville, qui font appliquer ce programme. Une loi nationale est prévue pour 2005 afin de favoriser le développement de l'énergie solaire thermique. " Bien sûr, la loi prévoira peut-être un seuil moins exigeant que Barcelone et ses 60 % de besoins en eau chaude, tempère Victor Almagro, mais elle exprime une volonté politique forte en faveur de ce type d'énergie et cela laisse toujours la liberté à chaque municipalité de fixer son seuil. "

Une mesure non transposable en France
L'autonomie dont dispose les régions en Espagne semble expliquer le succès de la démarche, encore inédite ailleurs en Europe (l'ordonnance a été inspiré par une mesure proposée à Berlin mais qui n'aurait jamais vu le jour). Un tel arrêté est-il transposable en France ? Non, répond-on des deux côtés des Pyrénées. " Il est interdit en France d'imposer à un corps de métier une décision qui aurait pour conséquence une distorsion de la concurrence " explique Fabrice Bordet, chargé de développement chez ENERPLAN, Association de professionnels des énergies renouvelables, basée dans le Var. On en reste donc à l'incitatif en France, avec des municipalités, des communautés de communes, des départements ou encore des régions qui multiplient les initiatives, les incitations financières et les campagnes d'informations à l'instar de la région Rhône-Alpes où les bailleurs sociaux ne construisent plus sans faire appel au solaire thermique. Sur le plan de la volonté politique, le récent projet de loi d'orientation sur les énergies apportera qu'une marge de manœuvre supplémentaire (mais toujours incitative) pour les municipalités, qui pourront " négocier " le recours au solaire thermique moyennant une occupation des sols revue à la hausse.

Sylvie Touboul
Source : ww.novethic.fr

Les poissons de la Baltique trop toxiques pour être vendus en Europe
Les poissons de la Mer Baltique sont tellement contaminés par les toxiques qu’ils pourraient bien être interdits à la vente en Europe, prévient le WWF, Organisation Mondiale de Protection de la Nature.
Selon le nouveau rapport du WWF, “Clean Baltic within REACH?”, tous les ans depuis la fin des années 80 jusqu’au début des années 90, 31kg de polychlorobiphényles (PCB) s’accumulent dans les poissons pêchés en Mer Baltique, et certains finissent directement dans l’assiette des consommateurs.

Certains gros poissons trouvés en Mer Baltique ne respectent pas les exigences européennes concernant les dioxines, et en 1995 les autorités suédoises ont conseillé aux femmes enceintes de limiter leur consommation de harengs et saumons de la Mer Baltique à cause de leur contamination par des substances toxiques telles que les furfurannes, les dioxines et les PCB. Le Rapport révèle également que certaines espèces de poissons, comme les saumons d’Atlantique, les truites de mer, morues et turbots, montrent des signes de problèmes de reproductions ces dernières décennies. Le taux de retardateurs de flammes bromés (PBDE) trouvé dans les harengs est 50 fois supérieur en Mer Baltique qu’en Atlantique. Mais ce n’est pas seulement que les poissons sont contaminés. Les taux de biphényles polybrominés (PBB, interdits depuis 2000) et des PBDE chez les principaux prédateurs comme les phoques, les guillemots et les pygargues à queue blanche, sont deux fois plus importants dans la Mer Baltique que dans la Mer du Nord ou l’Océan Arctique. D’autres produits chimiques toxiques tels que les composants perfluorés ont été récemment trouvés chez les marsouins ainsi que chez d’autres espèces de poissons et d’oiseaux.

La Mer Baltique représente un écosystème hautement sensible à la pollution dans la mesure où il y a peu d’échange d’eau avec son voisin, l’Océan Atlantique. Résultat, l’eau de mer contaminée peut stagner pendant 25 à 30 ans. Et, pour aggraver encore la situation, les basses températures de l’eau et de la surface glacière empêchent les produits chimiques de se dégrader rapidement.
Le WWF estime que l’actuelle législation européenne sur les produits chimiques a échoué dans la protection de l’écosystème de la mer Baltique et de sa biodiversité face à la menace toxique des produits chimiques en circulation. En revanche REACH, la nouvelle législation sur les produits chimiques, pourrait contribué à la protection des zones vulnérables comme la Mer Baltique. Il est nécessaire de pouvoir identifier et ainsi de supprimer les produits chimiques les plus dangereux pour le système hormonal et la reproduction des espèces marines. Une fois amélioré, le système de REACH pourra empêcher les produits chimiques bioaccumulatifs et persistants de contaminer l’environnement de la Mer Baltique.
“La réglementation européenne existante des produits chimiques n’est apparemment pas capable de fournir une protection suffisante, mais le débat sur la nouvelle politique européenne sur les produits chimiques donne l’espoir de voir un jour une Mer Baltique propre », déclare Lasse Gustavsson, directeur du programme « Mer Baltique ». « REACH est l’opportunité d’une seul génération pour avoir des produits chimiques moins nocifs et un meilleur futur pour la vie sauvage et la vie humaine. De nouveaux marchés pour des produits plus sûrs et une plus grande confiance devraient être également de bonnes nouvelles pour l’industrie chimique ».

En savoir plus
REACH est un projet de loi qui doit permettre l'identification et l'élimination progressive des produits chimiques les plus dangereux. Si cette loi est approuvée, elle sera d'application dans tous les pays de l'Union Européenne.
REACH est l'acronyme pour Registration, Evaluation and Autorisation of Chemicals (enregistrement, évaluation et autorisation des produits chimiques)

auteur : Organisation mondiale de protection de la nature

Angers veut devenir la capitale européenne du développement durable
La Ville d’Angers, en partenariat avec l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), porte, depuis 1999, la démarche de développement durable comme axe stratégique de son développement. La particularité d’Angers est d’avoir bâti une politique pragmatique qui se traduit par des actions concrètes de terrain, dans les services municipaux et à l’échelle de la ville, et inscrites dans des plans d’action annuels.
En 2004, la Ville et l’Agglomération ont engagé une démarche plus globale avec la mise en oeuvre d’un Agenda 21 intercommunal.
Par ailleurs, en 2002, la Ville d’Angers a organisé le colloque national « Rio + 10, l’après Johannesburg » et proposera en octobre 2005 un deuxième colloque sur le thème : villes durables et urbanisme. La Ville a également créée un Observatoire européen des bonnes pratiques. Ses objectifs : recenser et valoriser les actions locales de développement durable menées tant à Angers qu’au plan national et européen. Parmi les outils créés par cet Observatoire, la Revue Angers 21.

Comprendre l’engagement d’Angers pour le développement durable
À la différence des magazines ou journaux municipaux, la Revue Angers 21, a pour objet de traiter un thème de préoccupation des villes - l’urbanisme, l’environnement, les déplacements, l’éducation ou la concertation - et d’inciter à la réflexion, au débat et à l’action pour un développement urbain durable. La revue, s’articule autour de deux axes :
- un apport par témoignage ou réflexion d’experts, qu’ils soient spécialistes du domaine considéré, universitaires ou philosophes ;
- l’exemplarité de démarches menées par des collectivités, associations, entreprises qu’elles soient angevines, françaises ou étrangères.

Tiré à 15 000 exemplaires, la Revue Angers 21 à une double diffusion :
- locale auprès des élus, chefs d’entreprises, responsables d’organismes et d’associations, présidents et membres de conseils consultatifs de quartiers…
- nationale auprès des collectivités locales (grandes villes et agglomérations), réseaux développement durable, professionnels, suivant les thèmes universitaires…
Cette revue, destinée à enrichir le débat autour de projets locaux en ouvrant des perspectives, est aussi à la disposition de toute personne intéressée à la vie de la ville et à son développement.
Elle peut être téléchargée sur le site Internet de la Ville d'Angers

La création d'un tramway
Angers et son agglomération, ce sont 280 000 habitants, 30 000 étudiants et une croissance économique qui la situent dans le peloton de tête des métropoles françaises.
La création d’un tramway à Angers est une décision riche de sens et qui va bien au-delà des préoccupations liées aux déplacements des habitants de l’agglomération.
Mais là où, trop souvent, la modernité se montre peu respectueuse du passé, Angers choisit de préserver les équilibres et de les renforcer en organisant une nouvelle périphérie harmonieuse. Le tramway sera, bien sûr, l’un des atouts maître dans cette redistribution du paysage urbain.
Un tramway, pourquoi ?
La création du tramway angevin répond en premier lieu à deux objectifs majeurs. D’une part, il s’agit bien sûr de faciliter les déplacements dans l’agglomération en privilégiant l’usage d’un mode de transport performant et non polluant.
Le Plan de Déplacements Urbains d’Angers Loire Métropole prévoit une augmentation de 40% des voyages en transports collectifs d’ici 2015. Un objectif ambitieux qui ne peut être atteint sans un profond réaménagement de l’offre actuelle des transports publics de l’agglomération.
D’autre part, il s’agit à terme de reconquérir les berges de la Maine, actuellement empruntées par l’autoroute Paris Nantes, vilaine balafre au coeur d’une ville par ailleurs préservée. Le tramway, associé au futur contournement de la ville par cette autoroute, permettra de réunir la ville et de rassembler les territoires tout en mettant un terme aux nuisances du tracé autoroutier actuel. Un nouveau pont au dessus de la Maine va bientôt voir le jour au coeur d’Angers. Cet ouvrage sera réservé aux transports « propres » ; tramway, bicyclette, piétons. Ce symbole de la nouvelle relation entre le coeur d’Angers et sa périphérie marque l’engagement de la ville dans une politique de déplacements placée sous l’égide du Développement Durable.

Une nouvelle ville
Au-delà de ces deux raisons d’être du tramway, il y a l’ambition de réussir une nouvelle ville. Plus harmonieuse, mieux conçue pour absorber l’évolution des modes de vie des habitants d’une grande cité, cette ville sera déployée selon un schéma respectueux des orientations du Développement Durable. Comme dans de nombreuses villes, Angers est confrontée aux conséquences nuisibles de l’éloignement de plus en plus important entre le lieu de travail et le lieu de résidence des habitants. Allongement de la durée des déplacements quotidiens, pollutions aérienne et sonore, engorgement des voies d’accès, dépenses d’énergies diverses, renchérissement des logements situés à proximité du centre, stress… L’équipe municipale a donc décidé la création d’un nouveau grand quartier qui sera bâti sur les derniers terrains constructibles de l’agglomération. L’urbaniste Roland Castro a été chargé de ce projet baptisé Quartier des Capucins, réalisé selon les normes Haute Qualité Environnementale (HQE®). Ce nouveau quartier accueillera 4 000 nouveaux logements à l’horizon 2015-2020. Ce vaste programme sera organisé autour de l’arrivée du tramway. Dans l’immédiate proximité du Quartier des Capucins sera créé le nouveau quartier des Plateaux de la Mayenne sur l’ancien aérodrome d’Avrillé, ainsi que, à l’initiative du Conseil Général du Maine-et-Loire, un Parc du Végétal. Il constituera un nouvel élément d’attractivité pour l’agglomération angevine qui en compte déjà plusieurs. Le tracé de la première ligne de tramway desservira également des bassins d’emplois importants de l’agglomération angevine, 21 000 emplois concernés directement, ainsi bien sûr que l’hyper centre de la ville. Dans l’absolu, une partie des habitants n’aura par conséquent dans l’avenir plus besoin de recourir à l’automobile pour ses déplacements quotidiens.
Le coeur d’Angers constitue avant tout un pôle commercial et culturel dont l’aire d’attraction s’étend sur toute la métropole. Avec un centre accessible par tous modes de transports et un hyper centre peu à peu rendu aux seuls modes de circulation non polluants.

Une cohérence retrouvée
La création du tramway s’accompagne d’une dimension sociale constituant une préoccupation majeure du Projet d’Agglomération. Pour parvenir aux équilibres recherchés, Angers vient d’entreprendre son plus grand chantier de renouvellement urbain depuis la Libération. Au coeur, comme à la périphérie, de nombreux quartiers sont concernés par cette opération estimée à 280 M€. Là encore, le tramway agira comme un véritable « créateur de lien » destiné à accroître les échanges entre les quartiers et leurs habitants. L’ambition d’Angers est de devenir la capitale européenne du développement durable. Le projet de tramway est à la mesure de cette ambition, qui permettra l’émergence prochaine d’une cohérence retrouvée pour la cité des Plantagenêt.

En savoir plus
Site Internet officiel de la ville d'Angers:
www.angers.fr
auteur : Ville d'Angers

Les messages JE pour exprimer et assumer mon vécu relatif dans l'instant
Sur le thème de la communication, des actions ou des changements au quotidien, de vivre consciemment à la fois et sans confusion notre amour inconditionnel et nos affinités relatives, et en prenant le thème des projections "c'est bon" ou "c'est beau", notamment lors des repas partagés,

nous vous invitons à observer 2 formes d'expresion et de communication différentes, leurs dynamiques et conséquences, et l'état d'esprit et/ou la vision-croyance qui y est véhiculé, . . ., à agir soi-même au quotidien en évitant ces projections - généralisations et en assumant la responsabilité de ses affinités relatives, de ses appréciatons personnelles, . . ., et, lors de l'écoute active des autres, en reformulant simplement leurs propos de cette manière relative, sans "prêcher" quoi que ce soit, ni se voir mieux que l'autre ou supérieur à l'autre ou plus avancé que l'autre ou . . .,

et à remarquer, dans certains cas, un phénomène de contagion, l'autre (les autres) modifiant leurs expressions et ce qui s'y trouve ou s'y passe en arrière plan . . . :

1- Messages Je :
- j'aime . . ., j'adore . . ., j'apprécie . . ., je suis en affinité avec . . ., . . . . . . . ., ou ce . . ., cette . . . me plait, me goûte, . . . . . . . .

expression relative à mon vécu particulier, à mes appréciations particulières, . . ., et expression ouverte, l'autre, ou des autres, pouvant exprimer des goûts et des couleurs spécifiques et relatifs différents, avec moins de probabilité qu'il(s) n'ose(nt) pas s'exprimer, ou, s'il(s) s'exprime(nt), que ne s'installe un jeu, voire conflit, du type "j'ai raison, tu as tort", . . ., et/ou des mensonges, manipulations, . . .

2- Projection - généralisation :
- c'est bon, beau, . . ., c'est pas bon, pas beau, . . ., c'est bon pour . . ., c'est pas bon pour . . ., il (elle) est meilleur(e) . . . que . . . ., il (elle) n'est pas sympathique, . . ., . . . . . . . .

ce qui est une projection sur un élément externe de mon vécu relatif dans l'instant, de mes ressentis, perceptions, appréciations, . . ., avec plus de probabilité de généralisation et de fermeture, l'autre, ou des autres, pouvant taire et cacher son (leur) vécu(s) relatif(s) spécifique(s), leurs goûts et couleurs spécifiques et relatifs, . . ., ou pouvant initier un jeu, voire conflit, du type "j'ai raison, tu as tort", et d'autant plus, dans ces deux éventualités, que d'autres personnes sont présentes et que chacun, ou l'un d'eux, essaie de les rallier à sa projection et généralisation afin de faire poids et que l'autre (avec les quelques uns qu'ils auraient pu rallier) soit écrasé ou s'écrase, . . ., et/ou développe hyprocrisie(s), mensonge(s), manipulation(s), . . .

3 - Quelques exemples de ma part pour illustrer en cliquant sur le lien suivant:
http://perso.wanadoo.fr/abc-plantes-sante/public/assertivite/relativite/index.html

4 - Remarques :

Ces phénomènes de projection, qui à la fois nourissent et expriment certains états d'esprit, certaines visions - croyances, certaines dynamiques et interactions relationnelles, . . ., sont également contagieux, une véritable épidémie qui touche le plus grand nombre . . .; certains les considèrent comme anodins ("il y a des problèmes plus urgents dans le monde!", . . .), mais en y regardant de plus près, et en profondeur, nous pouvons nous apercevoir qu'ils sont en fait fondamentaux, à la racine de nombreux problèmes, dérives, troubles, . . .

Article de ABC Plantes Santé / Dr Bernard HAAS
http://perso.wanadoo.fr/abc-plantes-sante

La Mal Bouffe
On est foutus, on mange trop chantait Alain Souchon. Et surtout on mange mal. C’est une des raisons essentielles de notre mal-être et de la dégradation de notre santé. Sans compter que surpoids ou obésité ne contribuent en rien à nous rendre plus beaux ou plus appétissants pour le sexe opposé.

Nous sommes sollicités depuis notre plus jeune âge par les publicités télévisées. Le quart des annonces concerne des produits alimentaires dont la majorité sont des saloperies montrées du doigt par les nutritionnistes. Ici, en Amérique du Nord, les enfants passent à peu près 20 heures devant leur petit écran et, lorsqu’ils entrent en maternelle, ils ont déjà regardé la télévision pendant 5000 heures en moyenne, dont environ 250 heures sur la façon de se nourrir. Un enfant nord-américain, ou européen, continuera au cours de son enfance et de son adolescence à être soumis à des milliers d’heures de propagande alimentaire, pour des produits plus ou moins malsains.

Les repas pris dans les fast food, au prix abordable, vont gaver jeunes et vieux de nourriture aux calories vides, mal adaptée à leurs besoins physiologiques. Trop de gras, de sucres, de produits acidifiants, de viandes lourdes à digérer et qui laissent des toxines dans le corps. Le slogan qui vante ce type de produit alimentaire devrait être : « Ce qu’il fait à l’intérieur se voit à l’extérieur ». Aux habitudes prises dès le plus jeune âge qui sont tenaces, ou impossible à changer, s’ajoute la facilité de manger des plats préparés à faible valeur nutritionnelle, mais bien pratiques quand on travaille. Pour éviter les carences on nous conseille les suppléments vitaminés, les produits light ce qui fait qu’on a le choix entre déguelasse ou un tout petit peu moins déguelasse. On achète tous ces produits dans les super marchés et la grande distribution, à travers ses intermédiaires, multiplie le prix des produits du producteur par 3 ou 4. Les producteurs sont condamnés à produire toujours moins cher, alors que la grande distribution se goinfre des profits fait sur leur dos et celui des millions de consommateurs crédules et non-avertis.

Là encore les seuls à gagner de notre détresse alimentaire sont les capitalistes, qui amassent des fortunes grâce aux saloperies qu’ils arrivent à nous faire avaler, et surtout les industries agro-alimentaires et celles qui produisent les médicaments pour se soigner, une fois qu’on est bien intoxiqués. Les conséquences d’une mauvaise alimentation sont dévastatrices pour notre bien-être et notre santé : diabète, hypoglycémie, cholestérol, tension artérielle trop élevée, avec risques accrus de cancers et d’accidents cardiaques et cérébraux. La liste est bien plus longue, hélas !

Depuis que j’ai enfin pris conscience des erreurs dans mes habitudes alimentaires, j’ai radicalement changé mon comportement. Pas de régime-miracle, mais de la modération. Je mange de tout mais de façon bien plus équilibrée. Quatre-vingt pour cent de fruits et légumes, à majorité crus, des protéines sous forme de poisson et fruits de mer, peu de laitages et des graines. Mes boissons en canettes ont été remplacées par des jus de fruits pressés ou des limonades naturelles. Ma faim est stabilisée, j’ai perdu quelques dizaines de kilos et je dépense seulement la moitié de mon budget d’avant pour me nourrir. Je revis, je suis dans une forme incroyable, dors beaucoup moins la nuit et je n’ai besoin d’aucun excitant le matin pour me mettre à travailler. En plus, j’ai la satisfaction de ne pas enrichir les trusts des industries agro-alimentaires, les intermédiaires de la grande distribution et les sociétés pharmaceutiques. Pour ceux d’entre-vous qui auraient des convictions envers les animaux, ce mode d’alimentation évite le martyr qu’on fait subir aux animaux d’élevage en batterie, ou le choc final à l’abattoir. Plus important encore : pour produire un kilo de produit à valeur nutritionnelle égale, cette alimentation presque sans viande ne nécessite qu’une infime partie des terres dévolues à l’agriculture.

Moins chère, écologique, parfaitement adaptée aux besoins de l’organisme, génératrice de bien-être et de vitalité, bien meilleure pour la santé, qui réduit les portions à cause de sa richesse nutritionnelle et qui n’enrichit pas le grand capital ni ne fait souffrir le règne animal : Cette façon de se nourrir n’est-elle pas celle la plus adaptée à l’homme de ce nouveau siècle ? Un homme qui, après ses excès, ses erreurs, ses errances, devrait là mettre tous les atouts de son côté, pour son développement personnel et le progrès des peuples de cette terre épuisée par les abus dont on l’accable.

Algarath.

Écrivain, consultant en entreprises, mais aussi musicien de jazz, explorateur des mystères du cosmos et sondeur des diversités ahurissantes de la nature humaine.

Les hydroliennes
Un nouveau front s'ouvre dans la bataille des énergies renouvelables : l'utilisation des courants sous-marins.
Un intérêt timide
Dans les statistiques des sources d'énergies renouvelables, on trouve l'hydroélectricité (les barrages), la biomasse (du bois aux déchets), l'énergie éolienne (le vent) ou le solaire. Le pourcentage de l'énergie fournie par les courants sous-marins est encore voisin de zéro. Si cette perspective est examinée aujourd'hui avec un peu plus d'intérêt par les grands producteurs d'électricité, c'est tout de même avec circonspection.
L'usine marémotrice de la Rance, entre Saint-Malo et Dinard ­ installation, fixe, coûteuse et dont le chantier a duré sept ans ­, reste unique au monde à cette échelle. La hausse du coût de l'énergie fossile, le changement climatique et le réchauffement de la planète, l'urgence de trouver des projets nouveaux ont poussé les Britanniques, plus rapides que d'autres, à coordonner leurs efforts pour tester et vérifier tous les projets, encore inaboutis, visant à exploiter la fantastique énergie océanique.
Celle-ci peut être destructrice, monstrueuse, quand un tsunami frappe les rivages de l'Asie du Sud. Mais elle est source d'espoir pour les chercheurs. Ses promoteurs les plus enthousiastes estiment que le potentiel énergétique des vagues et des marées pourrait assurer la consommation mondiale d'électricité. La puissance des marées a été évaluée plus rigoureusement à 2,6 térawatts (1). Seul un petit pourcentage pourrait être transformé en énergie.

Si, durant les quinze dernières années, personne n'a parié un kopeck sur le développement de turbines sous-marines, des entreprises pointent désormais leur nez sur ce marché des éoliennes sous-marines, ou plutôt des hydroliennes. Les «moulins à vent» fleurissent rapidement en Europe.
Mais ce n'est pas sans susciter la grogne des associations locales de protection de l'environnement et les plaintes du voisinage sur la nuisance sonore ou visuelle. Eole se réveille sans crier gare et l'énergie du vent ne peut s'anticiper. Alors que, si Poséidon a ses rages, l'attraction de la Lune sur les océans garantit les marées, plus ou moins fortes selon la position relative de la Terre, de la Lune et du Soleil et la géographie des côtes.
«Cet aspect prévisible est le principal avantage des hydroliennes, même si cela ne peut permettre de produire de l'énergie que 45 % du temps. Les marées sont plus prévisibles également que les vagues, soumises elles aussi au vent. En outre, les turbines sont sous l'eau. C'est moins agressif pour l'environnement que les éoliennes, mais très comparable dans la technologie.
Elles bougent et peuvent résister aux pires conditions», explique encore Ralph Manchester.

SMD n'a pas le projet le plus avancé mais probablement le plus souple et, espère l'entreprise, le moins coûteux. Il vient d'être testé au sein du NaREC, un centre de recherche britannique, et soumis aux pires conditions, pour vérifier sa mobilité et sa résistance. A taille réelle, le «Tidel» (nom du système) pourrait fournir 1 mégawatt (MW). «J'estime que 900 maisons pourraient être alimentées à partir d'une unité», avance Ralph. L'ambition serait de pouvoir implanter à 5 kilomètres des côtes des parcs de turbines pouvant produire jusqu'à 100 MW. Le système préconisé par Marine Current Turbines (MCT), un concurrent britannique de SMD basé à Bristol, est moins étonnant et plus proche de l'esprit des éoliennes. De grands pylônes sont arrimés dans le lit de la mer, sur lesquels coulissent les turbines. Le tout fonctionne comme une sorte d'ascenseur. Pour les besoins de maintenance et de réparation, il suffit donc de faire remonter les hélices à l'air. «Il y a dix ans, il était encore impensable de pouvoir développer ce genre de technologie. Maintenant, on peut estimer que cela pourrait fournir un jour de 10 à 30 % de l'énergie mondiale. Ne me prenez pas pour un exalté, mais il y a urgence. J'ai 60 ans. Pendant la durée de ma vie, les émissions de CO2 ont progressé de 10 %. Durant celle de mes enfants, si l'on continue, elles progresseront de 20 %. Or, dès maintenant, nous sommes prêts à démarrer dans ce secteur. La question désormais est politique et économique. Il faudrait parvenir à changer nos modèles mentaux et à calculer la rentabilité sur une longue durée. Par ailleurs le pouvoir politique et les gouvernements ne bougent pas assez vite», estime Peter Frankel, un des animateurs du projet de MCT, qui est soutenu par EDF Energy. Un peu plus avancé que leur concurrent, MCT a implanté une dizaine de ses colonnes à un kilomètre des côtes de Lyndon, un joli village du Devon. Les têtes des mâts, sorte de grosses bouées jaunes, se devinent au large. «Les gens ont très bien réagi et la seule contestation est celle d'une habitante qui s'affirme par principe contre la lumière électrique», note Peter. L'électricité produite n'a pas été reversée sur le réseau. MCT a choisi un lieu d'implantation où le temps peut être détestable, ce qui rend l'accès aux colonnes impossible et l'entretien des turbines infaisable. La société projette donc une nouvelle installation au sud-ouest de Belfast. «Vous ne pouvez pas implanter de tels parcs dans un passage trop étroit comme entre l'île de Wight et Portsmouth, par exemple, car il y a des risques que le courant se détourne ; il faut des marées suffisamment fortes et une météo qui permette une accessibilité suffisante», poursuit Peter.

Pas de financements publics
Les deux entreprises assurent qu'il n'y a aucun risque pour le trafic maritime. Soit parce que les turbines sont implantées très en dessous du tirant d'eau des plus gros bateaux. Soit parce que les mâts sont repérables, comme des phares. Quant à la faune aquatique, la lenteur de rotation des turbines éviterait tout massacre des bancs de poissons. Mais tous les projets prévoient d'approfondir à force d'essais l'étude d'impact sur l'environnement. Parmi les autres problèmes rencontrés figure évidemment l'argent.
Sans fonds publics, de petites entreprises ne peuvent pas débourser les 5 ou 10 millions de livres sterling (de 7 à 14,5 millions d'euros) nécessaires à la recherche et à la production de prototypes. Pour Tom Murley, qui surveille ce secteur au sein d'un gros fonds d'investissement, HG Capital, «la technologie n'est pas encore mûre pour y investir». Même point de vue pour Jonathan Johns, patron du secteur des «renouvelables» chez Ernst & Young : «Le système est encore immature, il faut attendre au moins cinq ans.» Le temps que la technologie la plus efficace s'impose.

Une énergie plus élevée
Des investisseurs privés viennent ­ mais pour voir, sans plus. Sans financement public donc, guère d'espoir d'aboutir. En France aussi, Hydrohelix, une société bretonne, tente de lancer un projet voisin de ceux des Britanniques.
Le principe de base est identique : utiliser les courants marins liés aux marées en sachant que la densité de l'eau est très supérieure à celle du vent, garantissant donc une énergie plus élevée. Le projet breton a l'allure d'un «collier des mers», une chaîne d'anneaux fixés au fond, avec en leur centre une turbine. En Norvège, l'implantation de colonnes sous-marines alimente quelques maisons du village de Hammerfesten. «Nous savons que seule une ou deux des technologies en compétition subsistera, la plus efficace, la moins coûteuse. Et, à terme, nous aurons, comme dans le secteur des éoliennes, des grands groupes qui domineront le marché», reconnaît Ralph Manchester. D'ici là, il faut tenir.

L'un des objectifs lors du prochain sommet du G8, que présidera Tony Blair, est de parvenir à une réponse concertée pour soutenir ces nouvelles technologies. On a vu à Davos que Blair et Chirac semblaient bien partis pour placer la barre très haut. Jusqu'à proposer des financements communs ?

(1) Encyclopedia of Energy, volume 4, 2004. Un térawatt équivaut à un milliard de kilowatts.

Le site d'un constructeur d'hydrolienne : www.marineturbines.com

Source : Liberation