Imiter la nature pour économiser l'énergie
Lorsqu’un défi technique s’impose à eux, comme soulever une charge ou percer un trou dans un matériau, les hommes et les animaux n’abordent pas toujours le problème de la même façon. Si les hommes s’inspirent depuis fort longtemps de la nature pour développer leurs technologies, ils utilisent souvent beaucoup plus d’énergie que les animaux pour accomplir une même tâche. Et si ces derniers nous apprenaient à être moins dépensiers ?


Le marteau développé par l'homme et le martelage du pivert : Deux techniques bien disctinctes (Crédits : www2.ac-lyon.fr/Christophe Olry/Futura-Sciences)

Le marteau développé par l'homme et le martelage du pivert : Deux techniques bien disctinctes (Crédits : www2.ac-lyon.fr/Christophe Olry/Futura-Sciences)

Face à un même défi, les hommes et les animaux réagissent différemment Selon des chercheurs de l’université de Bath, seules 5 % des technologies humaines utilisent l’énergie de la même façon que les animaux pour accomplir des tâches données. Les bricoleurs le savent bien : un coup de marteau est très efficace, mais manipuler un outil aussi lourd demande une grande dépense d’énergie. Le pivert, quant à lui, frappe à grande vitesse avec son bec, qu’il utilise comme un fouet. Deux façons d’opérer bien distinctes, mais qui aboutissent finalement au même résultat.

Le Centre de la Biomimétique et des Technologies Naturelles de l’Université de Bath s’emploie à imiter les animaux pour développer de nouvelles techniques. Et ce, dans une optique bien spécifique : s'inspirer de la nature pour économiser de l’énergie. Etant donnée la demande croissante de gain en efficacité et de réduction de la pollution, les systèmes biomimétiques pourraient bientôt être à l’honneur.

Copier la nature pour moins dépenser d’énergie

Actuellement, les chercheurs du Centre de la Biomimétique et des Technologies Naturelles étudient des blattes évoluant dans le désert ainsi que des guêpes, pour développer respectivement de nouvelles techniques de déshumidification et d’endoscopie.

« L’évolution a façonné les animaux, les insectes et les plantes, de manière à mettre au point des techniques très efficaces, permettant d’accomplir de véritables prouesses techniques », explique le professeur Julian Vincent, directeur du centre. « De la blatte qui glane l’eau du désert à la guêpe qui creuse des trous dans un arbre, la nature a développé une myriade de moyens permettant de résoudre des problèmes. Une meilleure compréhension de la façon dont elle définit et vient à bout des difficultés nous permettra de concevoir de nouvelles technologies, à même de réduire significativement nos dépenses d’énergie. »

Et le professeur Vincent d’ajouter que, s’il est vrai que nos techniques sont similaires à celles utilisées par les animaux, nous ne les employons pas assez intelligemment. En tout cas, à l'image de l'araignée qui peut tisser une soie nettement plus résistante que l'acier, et ce sans température élevée, il semblerait bien que la nature nous montre depuis longtemps comment optimiser nos dépenses d'énergie...

Imiter la nature pour économiser de l'énergie
Par Christophe Olry, Futura-Sciences, le 10/05/2006 à 14h58

2ème salon des médecines douces
de Savigny sur Orge (91) les 20 et 21 Mai 2006, A l'initiative de Mme Spicher Laurence -maire adjoint chargée du commerce- et de Monsieur Denis Magnénaz de l'Association des Commerçants (lui-même magnétiseur de profession) en co organisation avec le Groupe PolyCOMM représenté par Monsieur Roger RUEL et Mlle Défossé Sandrine

LE SALON MEDECINES DOUCES :
- 2ème Edtion, Salle COSOM avenue de l'armée Leclerc,
- ouvert du samedi 20 au dimanche 21 mai 2006,
- deux jours rien que pour vous (de 10hà20h le samedi et de 10hà19h le dimanche).

LE SALON REGIONAL DES MEDECINES :
- des conférences:
avec 2 salles de 14 conférences chacune avec des intervenants comme Monsieur Ken Damjanovic, Monsieur Le Gall, Monsieur Quemoun, etc... (vous pouvez télécharger le programme sur
www.polycomm.fr ensuite cliquez sur le lien "polycomm' expo" et cliquez ensuite sur la photo médecine douce)
- des ateliers démonstrations:
avec le nouveau le Massage Thaï : NUAD BO RARN, ou massage traditionnels avec le shiatsu par la Fédération Française de Shiatsu, etc...
- des thèmes:
le bien-être, la santé et la beauté au naturel, les soins spas, l'alimentation biologique, la relaxation, le Feng-shui et le respect de l'environnment avec création de vêtement à base d'Angora naturel

Ventes et restauration sur place
Animations conseil démonstrations...

Voir le programme des conférences ICI

Voir le carton d'invitation ICI

OGM: le conseil d'état annule 2 décisions du ministère de l'agriculture
PARIS, 28 avr 2006 (AFP) - Le Conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative francaise, a annulé deux décisions du ministère de l'Agriculture autorisant la société américaine Monsanto à experimenter des variétés de maïs génétiquement modifié, a-t-il annoncé vendredi dans un communiqué.

Le Conseil d'Etat a ainsi reconnu l'argumentation de la Fédération des syndicats agricoles Modef qui soutenait que ces autorisations avaient été accordées (le 1er juin 2004) à l'issue d'une procédure irrégulière.

La commission du genie bio-moléculaire, puis le ministre, avaient en effet statué au vu d'un dossier technique incomplet qui ne comportait pas de données suffisantes en ce qui concerne la localisation des opérations de dissémination envisagées, avait estimé le Modef.

Le Conseil d'Etat a fait droit à cette argumentation en rappelant que ce type d'expérimentation est soumis à une autorisation préalable, delivrée apres examen des risques pour la santé publique et l'environnement.

Il a également souligné que les demandes d'autorisation doivent être accompagnées d'un dossier technique comportant tous les éléments permettant d'évaluer l'impact des essais sur la santé publique et l'environnement.

"Il appartient à la commission du génie bio-moléculaire de se prononcer non seulement sur l'effet de la dissémination sur les plantes sexuellement compatibles, mais aussi sur l'ensemble des éléments déterminants de l'évaluation des risques, ce qui implique nécéssairement la connaissance de l'implantation géographique précise de chacun des sites", selon le Conseil d'Etat.

Or la Haute Assemblée a jugé "insuffisantes" les indications données par Monsanto sur la localisation des sites envisagés pour ces essais, "eu égard a l'importance que revêtent, dans la procédure d'examen de la demande d'autorisation, tant les informations relatives à la localisation des sites que l'avis de la commission du génie bio-moléculaire", indique le communique.

Projet de loi sur les OGM
correspondances entre Bio-Ethic et le député Michel Diefenbacher. Bio-ethic a envoyé à son Député un courrier lui demandant de privilégier la préservation de l'environnement et des systèmes agraires traditionnels, lors du vote dans les semaines à venir, sur la directive 2001/18/CE relative à la dissémination d'OGM dans l'environnement.

Le député a répondu qu'il n'a pas l'intention de proposer que les maires puissent interdire les OGM sur le territoire de leurs communes, et donne ses arguments sur les soi-disant enjeux des OGM (voir ci-dessous le courrier du député).

Bio-ethic a répondu à ce courrier le 24/04/06 :

Monsieur le Député
J'accuse réception de votre courrier du 28 Mars 2006, par lequel vous donnez réponse à mon mèl du 24 Mars 2006.
Je constate qu'encore une fois, vous qui devriez être le représentant des citoyens qui vous ont élu, faites fi d'une opinion publique très majoritairement favorable à un moratoire sur les OGM.

Le projet de loi sur les OGM profitera exclusivement à l'industrie agro-alimentaire et aux multinationales semencières américaines.
Les parcelles OGM sont une grave menace pour le secteur bio et pour l'environnement.

Vous dites que l'enjeu des OGM est triple: l'alimentation de l'humanité, la compétitivité de la production agricole européenne, et la protection de l'environnement en limitant le recours aux engrais et aux pesticides.

En ce qui concerne l'alimentation de l'humanité, il nous semble que les multinationales semencières ont déjà fait la preuve que leur démarche est uniquement financière (voir le pillage « libéral » de l'Irak où les géants américains des semences transgéniques ruinent l'agriculture et rançonnent les paysans...). Et vous savez bien, Monsieur le Député, que la faim dans le monde n’est pas un problème de quantité mais de répartition, une technologie, aussi performante soit-elle, ne répondra jamais à l’injustice du système productiviste

Quant à la "compétitivité de la production agricole européenne", permettez-moi Monsieur le Député, d’en rire avec les milliers d’agriculteurs européens qui savent que les OGM n’améliorent nullement les rendements, vous devez connaître les études de l’Institut Agronomique de Navarre sur les rendements comparés des maïs OGM et conventionnels, dans le Nord de l’Espagne. Dans tous les cas, les rendements du maïs OGM sont moindres !! Cet institut conseille donc aux agriculteurs espagnols de ne plus semer de maïs OGM, moins rentable.

Vous dites : avec les OGM, on consommera moins de produits chimiques. Mais un rapport basé sur les chiffres officiels du Ministère de l’Agriculture des Etats-Unis montre que la consommation de produits chimiques par les cultures OGM, comparée à la consommation des surfaces plantées en cultures conventionnelle, a baissé de 11 500 tonnes, de 1996 à 1998, mais a augmenté de 33 100 tonnes, de 2001 à 2003. Cette augmentation est due notamment à l’apparition de mauvaises herbes tolérantes aux herbicides. Dire qu’on consommera moins de produits chimiques alors que la consommation augmente, ça s’appelle comment ?

Vous assurez qu’il n’y a aucun risque pour la santé ? Mais, Monsieur le Député , les effets sanitaires de l’utilisation massive de produits chimiques toxiques, notamment en agriculture, commencent à être connus. On parle d’épidémie de cancers : depuis 20 ans le cancer du sein a doublé, celui de la prostate triplé et les cancers chez les enfants de moins de 10 ans augmentent de 1% par an ! Pourtant, ce sont les mêmes firmes qui ont inondé la planète de produits chimiques pendant des années, en nous disant qu’il n’y avait aucun risque, qui continuent la fuite en avant avec les OGM aujourd’hui. En effet, les premiers OGM ont tous été crées par des sociétés chimiques : Bayer, Monsanto, Novartis, Rhône-Poulenc, Dow Chemical, Dupont, etc... Pourquoi Monsanto s’est lancé dans les OGM ? Parce que son RoundUp allait rentrer dans le domaine public et que n’importe qui pourrait le copier. Grâce aux biotechnologies, on a pu créer des plantes qui tolèrent le RoundUp. Par contre l’agriculteur s’engage en achetant la semence à n’utiliser que du RoundUp. Les agriculteurs sont captifs et les ventes de RoundUp ne se sont jamais aussi bien portées, même si certains nous disent que les OGM vont faire baisser la consommation de produits chimiques. L’innovation technique a consisté à enfermer encore plus les agriculteurs dans leur dépendance vis à vis des semenciers-chimistes !

Et ne parlons pas de la pollinisation, vous savez très bien que les assureurs eux-mêmes refusent de couvrir le risque génétique, faute d’évaluations précises des conséquences encourues.

A une époque où le citoyen s’interroge de plus en plus sur la qualité des aliments (voir les chiffres de fin d’année sur les pourcentages de consommateurs ayant acheté des produits bio), ignorer ses attentes relève d’un passage en force dont les motivations apparaissent au moins plus que douteuses, au pire carrément insultantes.

Oui, il faudra un jour que les responsables de cette catastrophe sociale et écologique que sont les OGM, rendent des comptes. Des élections, des évènements, en France et dans d’autres pays, ont montré que les citoyens n’acceptent plus les décisions des politiques qui vont à l’encontre de l’opinion publique. Les consommateurs ne se laissent plus berner par les bonimenteurs.

Veuillez agréer, Monsieur le Député, l’expression de ma considération distinguée.

Jean-Claude Despont


Courrier du député Michel Diefenbacher en date du 28 mars 2006.

Michel Diefenbacher, Député de Lot-et-Garonne, Président du Conseil Général.

Monsieur,
Pour répondre à votre mèl du 24 mars 2006, je vous prie de trouver ci-joint une fiche qui fait le point des mesures contenues dans le projet de loi sur les OGM actuellement en discussio au parlement.

Je n'ai pas l'intention de proposer que les maires puissent interdire les OGM sur le territoire de leur commune. L'enjeu des OGM est triple: l'alimentation de l'humanité, la compétitivité de la production agricloe européenne, la protection de l'environnement en limitant le recours aux engrais et aux pesticides. Ces enjeux dépassent largement le cadre de chacune de nos 36.000 communes.

Quant au risque pour la santé, aucun chercheur au monde n'a jamais établi que la consommation de produits issus des OGM présentait quelque risque que ce soit pour la santé humaine. Au demeurant, n'y aurait-il pas des produits non-OGM qui présentent des risques pour la santé?...

Quant à la pollinisation, elle ne concerne pas que les produits OGM. Ceux-ci ne sont pas plus "polluants" que les autres. Et si une responsabilité devait être établie, elle devrait porter sur tous les producteurs quelle que soit leur activité et quelle que soit leur technique de production.

Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de ma considération distinguée.

Irak: destruction d'un trésor semencier inestimable
L'Irak fait partie de la Mésopotamie, berceau de la civilisation où la fertile vallée située entre le Tigre et l'Euphrate offrait des conditions idéales pour la culture des céréales. Depuis environ 8.000 ans avant J.-C., des agriculteurs y avaient développé de nombreuses variétés de semences pour presque toutes les céréales cultivées aujourd'hui dans le monde. Ils avaient recours à une méthode consistant à conserver une partie des semences et à les resemer, créant ainsi de nouvelles variétés hybrides. Pendant des années, les Irakiens avaient conservé des échantillons de ces précieuses variétés naturelles dans une banque nationale de semences située - ironie du sort - à Abu Ghraib, ville dans laquelle se trouve la prison tristement célèbre pour les tortures infligées aux détenus par les militaires américains en 2004. A la suite de l'occupation et de divers bombardements, cette inestimable banque de semences a disparu. Les conseillers de Bremer au Pentagone avaient de nombreux projets pour l'avenir alimentaire de l'Irak. L'agriculture devait être "modernisée", industrialisée. L'agriculture familiale traditionnelle consistant à cultiver diverses céréales devait disparaître au profit de grandes exploitations de type américain produisant pour le "marché mondial". Assurer la subsistance des Irakiens affamés était un objectif tout à fait accessoire. Rédigé en un jargon juridique compliqué, l'arrêté 81 remettait l'avenir alimentaire de l'Irak aux mains des multinationales. Il n'apportait guère la libération espérée par la plupart des Irakiens. Cet arrêté sur le droit de propriété intellectuelle n'a pas fait l'objet de négociations entre un gouvernement souverain et l'OMC ou un autre gouvernement. Il a été imposé sans discussion par les Etats-Unis. Selon des sources en provenance de Washington, les détails concernant les plantes ont été rédigés pour le gouvernement par la société Monsanto, le plus important fournisseur mondial de semences et de céréales transgéniques. Au départ, il pouvait sembler que seules les semences que les agriculteurs irakiens choisissaient d'acheter aux multinationales relèveraient du nouvel arrêté américain relatif aux brevets, que les agriculteurs étaient libres de choisir. Mais la réalité était très différente. L'Irak devenait un gigantesque laboratoire pour le développement d'aliments sous le contrôle de géants des semences transgéniques et de la chimie comme Monsanto, DuPont et Dow Chemicals. Après la guerre de 1991 et les dévastations, les paysans s'étaient souvent adressés à leur ministère de l'Agriculture pour obtenir de nouvelles semences. C'est dans cette brèche que Bremer s'insinua pour déterminer l'avenir de l'approvisionnement alimentaire irakien.

Avant la guerre de 2003, les agriculteurs irakiens avaient subi non seulement l'embargo anglo-américain sur le matériel agricole mais également trois années de grande sécheresse qui avaient considérablement nui aux récoltes. L'agriculture était ravagée et en 2003, la production de céréales représentait moins la moitié de ce qu'elle était avant la première guerre américano-irakienne de 1990. Jusqu'en 2003, une grande partie de la population dépendait du programme "pétrole contre nourriture" de l'ONU pour survivre. L'USAID (US Agency for International Development] a adopté après 2003 un Programme de développement et de reconstruction de l'agriculture en Irak (ARDI) pour transformer l'agriculture traditionnelle au nom de la "modernisation" de la production alimentaire irakienne. Le gouvernement américain a remplacé l'ONU dans son rôle de fournisseur de nourriture. A l'époque, le grand spécialiste en la matière était Daniel Amstutz, ancien fonctionnaire du Département américain de l'Agriculture et ancien vice-président du géant céréalier Cargill Corporation. C'est lui qui rédigea les demandes des USA concernant l'agriculture lors du Cycle de l'Uruguay (GATT) qui déboucha sur la création de l'Organisation mondiale du Commerce au début des années 1990. L'objectif déclaré de l'arrêté 81 était d'assurer la qualité des semences en Irak et de faciliter l'accès du pays à l'OMC. "Qualité" a naturellement été défini par les USA et "accès à l'OMC" signifiait que l'Irak devait ouvrir ses marchés aux règles dictées par l'OMC et aux puissants intérêts industriels et financiers qui déterminent la politique de l'OMC, ceux du "club des riches". Dès que l'arrêté 81 eut été publié, l'USAID commença à livrer des milliers de tonnes de semences de blé américaines certifiées "de qualité supérieure". Elles étaient distribuées presque gratuitement par le ministère de l'Agriculture aux cultivateurs irakiens désespérés. L'USAID s'opposa à ce que des scientifiques indépendants examinent les semences pour savoir si c'étaient ou non des OGM. Evidemment, s'il s'était avéré qu'il s'agissait d'OGM, au bout d'une ou deux saisons, les agriculteurs auraient subitement découvert qu'ils devaient payer des droits de licence aux semenciers pour survivre. Avec le programme USAID, le Département d'Etat, en collaboration avec le Département américain de l'Agriculture, a créé dans le nord de l'Irak 54 sites destinés à introduire des semences de blé améliorées et à en démontrer la valeur. Ce projet de 107 millions de dollars était mené au nom du gouvernement américain par le Texas A & M University's International Agriculture Office. Il avait pour but de doubler durant la première année la production de 30.000 fermes irakiennes. Il s'agissait de convaincre les agriculteurs sceptiques que seules les nouvelles "semences miracles" américaines leur permettraient d'obtenir d'importantes récoltes. On misait sur le désespoir des paysans et la promesse de revenus énormes pour les prendre au piège de la dépendance à l'égard des multinationales semencières. Le programme agricole Texas E & M se qualifie de "chef de file mondialement reconnu en matière d'application des biotechnologies", c'est-à-dire en matière d'OGM. Ses nouvelles semences s'accompagnent de nouveaux produits chimiques - pesticides, herbicides, fongicides -qui sont tous vendus aux Irakiens par Monsanto, Cargill et Dow Chemicals. Selon un rapport publié par le Business Journal of Phoenix, Arizona, "une société agroalimentaire d'Arizona fournit aux cultivateurs irakiens des semences de blé afin d'accroître la production indigène de nourriture." Cette firme s'appelle World Wide Wheat Company (WWWC) et, en partenariat avec trois universités dont Texas A & M, elle "fournit 1.000 livres de semences de blé destinées aux paysans irakiens du nord de Bagdad."

Selon Seedquest, site Internet de l'industrie mondiale des semences, WWWC est un leader en matière de développement de variétés brevetées appartenant à une firme particulière.

Ce sont précisément les variétés d'OGM dont il est question dans l'arrêté 81. Selon WWWC, tout agriculteur ("client") souhaitant cultiver une de ses variétés de semences "paie un droit de licence pour chaque variété". L'Irak va obtenir un gigantesque laboratoire live pour effectuer des essais de blé transgénique dont les Irakiens seront les cobayes.

Et chose plus remarquable encore, toujours selon le Business Journal, "six variétés de semences de blé ont été développées en vue de l'expérience irakienne. Trois d'entre elles seront destinées au blé servant à fabriquer des pâtes et les trois autres au blé dont on tire de la farine à pain. Cela veut dire que 50 % des semences développées par les USA en Irak après 2004 sont vouées à l'exportation. En effet, les Irakiens ne mangent pas de pâtes. Donc, plutôt que de produire de la nourriture pour les 25 millions d'Irakiens affamés et las de la guerre, l'arrêté 81 visait à créer une industrie agroalimentaire destinée à l'exportation mondiale et utilisant des semences transgéniques. L'objectif de l'USAID est de tenir le gouvernement irakien à l'écart de la production alimentaire. "L'idée est de créer ici un marché totalement libre", a déclaré Doug Pool, spécialiste en matière d'agriculture du Bureau de l'USAID pour la reconstruction de l'Irak. L'USAID veut "aider" le gouvernement à supprimer progressivement les aides à l'agriculture. Pool a déclaré que "le ministre de l'Agriculture avait eu raison de faire cela." "Les sociétés d'Etat comme la Mesopotamia Seed Co doivent être privatisées." Il n'a pas précisé qui aurait suffisamment d'argent dans ce pays affaibli par la guerre pour acheter une telle société. Seuls des géants de l'agroalimentaire comme Monsanto ou Cargill seraient suffisamment riches pour le faire.

Pour faciliter l'introduction des semences transgéniques brevetées des multinationales, le ministre irakien de l'Agriculture les a distribuées à des "prix subventionnés". Dès que les agriculteurs dépendent des semences transgéniques, les nouvelles règles de protection des variétés de plantes de l'arrêté 81 les contraignent à acheter chaque année de nouvelles semences aux multinationales. Sous couvert d'instauration d'une économie de marché, on asservit les paysans irakiens aux géants semenciers. Dans une interview de décembre 2004, Sawsan Ali Magid al-Sharifi, ministre irakien de l'Agriculture - qui a fait ses études aux Etats-Unis - a déclaré: "Nous avons besoin d'agriculteurs irakiens compétitifs si bien que nous avons décidé de subventionner les pesticides, les engrais, les semences améliorées, etc. Nous avons réduit les autres subventions, mais nous devons être compétitifs." Autrement dit, l'argent octroyé aux paysans irakiens appauvris est conditionné par l'achat de semences transgéniques aux multinationales comme Monsanto. Au printemps 2004, lorsque l'arrêté 81 a été promulgué par la CPA de Bremer, les adeptes de l'imam chiite radical Moqtada al Sadr ont protesté contre la fermeture de leur journal, al Hawza, par la police militaire américaine. La CPA accusait le journal d'avoir publié des "articles mensongers qui pouvaient constituer une réelle menace de violences". Elle a mentionné par exemple un article affirmant que Bremer "menait une politique visant à affamer le peuple irakien afin qu'entièrement occupé à se procurer son pain quotidien, il n'ait aucune chance de réclamer des libertés politiques et individuelles."

Journée de l'environnement et du bien-être à Plaisance du Gers
Le samedi 20 mai va avoir lieu la troisième Journée de l'Environnement et du Bien-être sur Plaisance du Gers. Cette manifestation est mise en place par la commission environnement et cadre de vie de la mairie et l'Office de Tourisme Bastides et Vallons du Gers. Elle a pour but d'informer et d'apprendre à économiser eau et énergie, à mieux acheter et mieux consommer, mais aussi à découvrir toutes formes de médecine douce. Cette animation se décline sous la forme d'un village des produits bio et des énergies renouvelables, un marché aux fleurs, un village « commerce équitable et développement durable » et un espace santé et remise en forme. Grâce à des conférences, le biocarburant, avec la présence de Pierre Lebbe, Alain Juste et Markus Gröber, pourra être approché par un large public.

Cette année l'espace santé et remise en forme sera mis en avant avec une intervention sur le forum mais aussi des animations ouvertes à tous.
Plaisance est la seule ville dans le secteur à promouvoir ce type d'animation, une manifestation comme celle proposée le 20 mai, va permettre à l'usager de s'informer et de dialoguer directement avec les différents professionnels : des personnes, associations et sociétés oeuvrant dans divers domaines liés à l'amélioration de notre environnement, par la modification des modes de fonctionnement ou par la diminution de rejets de polluants, seront présents ce jour. L'environnement ne se réduit plus pas à la protection de la nature, la faune ou la flore.

Journée de l’environnement et du bien-être
Samedi 20 mai de 10h à 19h
Place de l’église – 32160 Plaisance du Gers

Informations et inscriptions :
Office de Tourisme
10 rue Adour – 32160 Plaisance
Tél : 05 62 69 44 69 – Fax : 05 62 69 14 94

mail :
plaisance@wanadoo.fr

Sana 2006 à Bologne
SANA 2006 - 18ème Salon International des Produits Naturels - Alimentation, Santé, Environnement
Les données officielles du dernier salon positionnent SANA comme une des manifestations de référence les plus importantes à l’échelon mondial dans le secteur du biologique, de l’éco-compatible et des productions de qualité. Une plate-forme internationale qui attire chaque année à Bologne les entreprises, les opérateurs et la presse nationale et internationale.

- 85.000 m² de surface d’exposition dans 16 pavillons
- 1.600 exposants dont 400 étrangers provenant de 40 différents pays et couvrant tous les continents
- 70.000 visiteurs dont 50.000 opérateurs
- des 50.000 opérateurs, 3.500 étrangers
- 900 journalistes accrédités dont 100 étrangers
- 77 congrès

SANA se développe sur trois espaces d’exposition bien distincts: ALIMENTATION: produits biologiques, produits typiques certifiés, produits diététiques, machines, équipements et emballages pour produits naturels, organismes de certification des produits, tourisme vert, parcs, Organismes et Institutions. SANTÉ: herbes, plantes officinales et essences, produits de l’herboristerie et produits phytothérapeutiques, cosmétiques naturels, compléments, produits et appareillages pour la prévention et le soin personnel, traitements non conventionnels, traitements et disciplines naturelles, centres de remise en forme, thermes. ENVIRONNEMENT: technologies et produits éco-compatibles, énergies renouvelables. Habillement écologique et autres produits naturels pour les loisirs et les hobbies. ABITARE SANA: matériels, produits, technologies et projets éco-compatibles avec une habitation biologique, ameublements ergonomiques et écologiques, équipements, tissus et compléments d’ameublement écologiques, papier écologique sous toutes ses formes.

Pour de plus amples informations, nous vous prions de bien vouloir consulter notre site internet www.sana.it

Le plus grand projet au monde pour capturer du dioxyde de carbone
Le projet CASTOR, mis en place grâce à des fonds débloqués par l'UE au titre de son Sixième programme-cadre (6e PC), a été inauguré le 15 mars à la centrale à charbon d'Elsam, près d'Esbjerg (Danemark). Ce projet constitue un essai à grande échelle visant à examiner comment modifier les rejets des centrales pour en extraire le dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre.


Centrale à charbon d'Elsam près d'Esbjerg ( Credit Elsam )

Réunissant 30 partenaires de l'industrie, de la recherche et du monde universitaire de 11 pays d'Europe, le projet a pour dessein d'élaborer un modèle apte à permettre un recul de 10% des émissions de dioxyde de carbone, ce qui représenterait 30% des émissions totales des centrales de l'UE.

L'UE doit réduire drastiquement ses émissions de dioxyde de carbone si elle entend tenir les objectifs fixés dans un premier temps par le protocole de Kyoto, et que l'accord de Lisbonne est venu renforcer. Les objectifs de Lisbonne prescrivent une réduction de 30 à 50% des émissions de dioxyde de carbone en 2020 par rapport au niveau de 1990, le recul devant atteindre 60 à 80% d'ici 2050.

"La Commission européenne est engagée en faveur d'un avenir à faible intensité en carbone. La politique de la recherche d'aujourd'hui étant la politique énergétique de demain, des projets tels que CASTOR représentent une contribution très importante. Par le développement des technologies de piégeage et de stockage du carbone, nous pouvons réduire les émissions à moyen terme, à mesure que nous passons à une utilisation à grande échelle des énergies renouvelables exemptes de carbone", a déclaré Janez Potocnik, commissaire européen en charge de la science et de la recherche.

Le système CASTOR ne consiste pas simplement à détourner les effluents gazeux dans un sac. La technologie de capture du carbone fait appel à un solvant pour séparer le dioxyde de carbone des rejets gazeux ; le dioxyde de carbone est incorporé dans un cycle calcium pour donner du carbonate de calcium (calcaire). Les gaz résiduels passent ensuite à travers un solide spécial qui permet l'adsorption du CO2 restant. Le dioxyde de carbone est alors relâché soit sous forme de calcaire, soit sous forme de dioxyde de carbone gazeux en vue d'un enfouissement géologique.

L'an passé, le commissaire européen en charge de l'énergie, Andris Piebalgs, avait placé la performance énergétique et la capture du carbone en tête de son agenda pour le Septième programme-cadre de recherche. "Personnellement, je ne doute pas une seconde que, conjugués à l'usage croissant de l'énergie renouvelable, les combustibles fossiles resteront l'épine dorsale de la production mondiale d'énergie dans un avenir prévisible. Etant donné les engagements pris à Kyoto pour le présent et l'avenir, le développement de technologies commercialement viables de capture et de stockage du CO2 doit constituer un objectif collectif", avait-il déclaré en avril 2005 dans un discours prononcé lors de la Conférence européenne sur la capture et le stockage du CO2.

Environ 85% des besoins énergétiques de l'Europe sont actuellement fournis par les combustibles fossiles, qui constituent les premières sources d'émissions de dioxyde de carbone. Les autres formes d'énergie sont soit trop peu performantes, soit insuffisamment avancées pour subvenir au gros de nos besoins, même si la Suède a récemment annoncé son intention d'éliminer les combustibles fossiles de son économie.

La prochaine génération de centrales électriques à combustibles fossiles utilisera des systèmes de "craquage" spéciaux permettant de séparer le carbone du combustible, ne laissant que de l'hydrogène et du carbone solide. L'hydrogène peut être ensuite brûlé, dans la mesure où il est l'un des rares combustibles quasi exempt d'émissions et qu'il ne produit que de l'eau comme produit dérivé.


Le principe du programme CASTOR

La Commission européenne espère que les projets comme CASTOR, couplés aux programmes axés sur les combustibles à base d'hydrogène et aux avancées obtenues dans le domaine des énergies renouvelables, contribueront largement à la réduction des niveaux d'émission de dioxyde de carbone. L'objectif est d'acquérir une "technologie pour une centrale électrique à émissions quasi nulles" et l'UE a récemment signé avec le gouvernement chinois un protocole d'accord visant à étudier de plus près les possibilités d'y parvenir.

Plus d'infos sur: www.econologie.com

Monsanto: vers une commercialisation des graines stériles
En 1999 le groupe Monsanto, multinationale specialisee dans la biotechnologie vegetale et premier semencier mondial depuis le rachat en 2005 de Seminis Inc., avait souhaite acquerir le brevet du Technology protection system (ou Terminator). Cette technologie destinee a creer des semences steriles, donc inutilisables a la seconde generation, avait ete brevetee par le gouvernement americain et la Delta Pine Land Company. Le tolle fut tel lorsque les ONG ont appris l'imminence d'un rachat de cette entreprise par Monsanto que le PDG de l'epoque, Robert B. Shapiro, avait envoye en octobre 1999 une lettre ouverte a Gordon Conway, president de la Rockefeller Foundation, ou il revenait sur sa position en termes clairs : 'Je desire vous informer que nous nous engageons publiquement a ne pas commercialiser les technologies de sterilisation des semences, dont celle que l'on appelle Terminator. Meme si nous ne detenons encore aucune technologie de sterilisation des semences, il nous semble important de repondre des maintenant a ces preoccupations par un engagement clair : nous ne commercialiserons pas de systemes de protection genetique visant a rendre les semences steriles.' En 2000, le groupe avait reaffirme ses engagements dans une charte 'The New Monsanto Pledge', autour de cinq valeurs cles : le dialogue, la transparence, le respect, le partage et l'utilite.

Vive reaction des ONG
C'est pourquoi les associations ont ete surprises en lisant la page 29 du '2005 Pledge Report' de Monsanto sur les technologies de restriction genetique, ou l'entreprise revient sur cette decision de 1999 : '[Notre] engagement tient toujours, mais les gens de Monsanto reevaluent cette position au fur et a mesure des progres de la technologie. Les technologies de sterilisation des semences ne sont qu'un element de la categorie plus large des technologies de restriction genetique (les GURT). ' Les GURT sont des graines qui ne peuvent se developper qu'avec une hormone de croissance. 'Nous nous sommes engages a ne pas commercialiser de semences steriles, mais nous sommes une entreprise a but économique,' precise Mathilde Durif, responsable de la communication de Monsanto.

'Nous avons besoin de moyens de controle pour eviter l'utilisation abusive de nos semences. Nous reflechissions aujourd’hui au concept de genes allumes (la graine est activee par une hormone de croissance) et de genes eteints (sans cette hormone, la graine est inactive). La graine n’est pas sterile, mais les agriculteurs devront revenir vers nous chaque annee pour reveiller les proprietes dues à la manipulation transgenique." Ces technologies, encore à l'etude, pourraient etre commercialisees apres concertation de la societe civile : ' Monsanto n'exclut pas la possibilite de developper et d'utiliser l'une de ces technologies a l'avenir. La societe continuera d'etudier les risques et les avantages de ces technologies au cas par cas,' precise encore le Pledge.

L'association canadienne Ban Terminator Campaign a aussitot reagi en faisant signer une petition à 300 ONG. L'impact a ete immediat : le 2 mars dernier, Monsanto a presente ses excuses a l'association, et est retourne a ses premiers engagements. Cet incident, qui arrive quelques jours avant la Convention des Nations unies sur la diversite biologique (CDB) prevue du 20 au 31 mars a Curitiba au Bresil, fait fremir les associations. En 2000, un moratoire de fait avait ete adopte sur les GURT, sous pretexte qu'elles pourraient provoquer un assujettissement des agriculteurs au profit des semenciers, et nuire a la biodiversite. Les ONG savent qu'a Curitiba, l'industrie de la biotechnologie va redoubler d'efforts pour renverser ce moratoire et imposer sa technologie.

'Sans vouloir prophetiser le pire, la creation d'une hormone de croissance induit celle d'une hormone de decroissance,' reprends Raoul Jacquin. 'L'alimentation deviendra une arme redoutable, aux mains d'une multinationale.' Or Monsanto s'est deja fait tristement remarquer pour sa participation a la fabrication de l'Agent Orange, defoliant a base de dioxine utilise pendant la guerre du Vietnam pour affamer la population, et dont les consequences sanitaires et ecologiques sont encore perceptibles aujourd'hui. Un passif qui peut justifier les craintes des agriculteurs.

Source : Novethic